Un coeur cousu, Carole Martinez


Quatrième de couverture : "Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boite mystérieuse...Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à ytravers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés- de dons surnaturels.

Fable ou conte oscillant entre le merveilleux, le fabuleux et le fantastique, le "cœur cousu" de Carole Martinez vous plonge dans un monde poétique et mystique à souhait. Les ogres, les fées et les fantômes rythment la vie de Frasquita et de ses enfants. Une superbe histoires de femmes, de mères et de filles, de filiation et de transmission. Les hommes y sont obscures et souvent malfaisants.
L'écriture, sublime et subtile, est prodigieuse, très aboutie pour un premier roman. Il n'est pas étonnant que ce roman, qui ne ressemble à aucun autre, cumule les prix:

Prix Renaudot des Lycéens.
Prix du Premier Roman de Draveil
Prix Ulysse du Premier Roman
Prix Ouest France Étonnants Voyageurs
Prix Emmanuel Roblès
Coup de cœur des Lycéens de Monaco
Bourse de la Découverte Prince Pierre de Monaco
Bourse Thyde Monnier.

Ce livre fait aussi l'unanimité sur les blogs : Florinette, Clarabel, Antigone, Amanda...

Le cœur cousu chez Folio N°4870, 440 pages, 9 €.

Le cerveau de Kennedy, Henning Mankell


Quatrième de couverture : Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils se soit suicidé. Avec l'énergie du désespoir et une obstination d'archéologue, elle va tenter de reconstituer fragment par fragment les dernières années d'une vie brutalement interrompue...
Secondée par Aron, le père d'Henrik qu'elle a déniché au fin fond de l'Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d'inquiétantes zones d'ombre...


De la Grèce au Mozambique en passant par l'Australie, Henning Mankell nous embarque dans un thriller palpipant à la méthode bien rodée mais peu originale. Même si la description des mouroirs pour malades atteints du sida est saisissante et la thèse sous-entendue effrayante (je ne veux pas en dire en plus), "Le cerveau de Kennedy" n'est pas du "grand" Mankell. On est loin du bouleversant "Profondeurs" avec ses personnages si travaillés et touchants.

"Le cerveau de Kennedy" aux Éditions Seuil, 390 pages, 22 €.

L'ombre en fuite, Richard Powers


Quatrième de couverture : Washington. Adie Klarpol, une jeune artiste désillusionnée, est engagée par une compagnie d'informatique pour travailler sur un système expérimental, "la Caverne". Ce simulateur d'univers virtuels en 3D permet de revisiter, entre quatre murs, les chefs d'œuvres de l'art.

Beyrouth. Talmur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Seul dans un cachot, il n'a que sa mémoire et son imagination pour s'évader.

Un simulateur d'univers virtuels, un cachot : deux pièces dissemblables, toutes deux ouvertes à toutes les transformations, l'une par la magie de l'informatique, l'autre par la ténacité de l'esprit humain. Deux univers a priori inconciliables dont Richard Powers, avec son sens renversant du romanesque, tire une polyphonie grandiose. Le romancier explore le destin de l'art à l'époque du virtuel, celui de la mémoire à l'époque de l'informatique et questionne une fois de plus les rapports entre science, histoire et imagination.

Avant d'aller plus loin, il faut que je précise que je suis une fan inconditionnelle de Richard Powers. "Le temps où nous chantions" m'a époustouflée, "La chambre aux échos", bouleversée. Donc quand j'ai reçu en début de semaine un colis des Éditions Cherche Midi avec le dernier Powers à l'intérieur, j'ai arrêté tambour battant mes lectures et activités en cours pour me plonger dans "L'ombre en fuite"...Excitation, impatience, tout y passe.
Et pourtant, en refermant le livre, j'ai aujourd'hui un arrière goût de malentendu, d'incompréhension totale, de rendez-vous manqué. Suis-je complètement passée à côté du livre? En tout cas, la lecture a été éprouvante. Difficile de suivre des chapitres entiers sur l'informatique expérimental. Difficile de rentrer dans l'univers de l'écrivain tant les descriptions sont denses et complexes. Par contre, les chapitres sur la prise d'otage sont du très grand Powers. Mais ces chapitres sont peu nombreux... Quelle déception!

Un grand merci quand même aux Éditions Le Cherche Midi pour le cadeau du livre.

L'ombre en fuite aux Éditions Le Cherche Midi, 431 pages, 22 €

Dans la main du diable, Anne-Marie Garat


Quatrième de couverture : Automne 1913. A paris et ailleurs - de Budapest à la Birmanie en passant par Venise - une jeune femme intrépide, Gabrielle Demachy, mène une périlleuse enquête d'amour munie, pour tout indice d'un sulfureux cahier hongrois recelant tous les poisons - des secrets de cœur secret-défense.

Je sais que ce livre a remporté un franc succès sur les différents blogs que je parcours régulièrement. Je vais me faire l'avocate du diable en disant que je me suis profondément ennuyée à lire ce livre. Quel lenteur! Ça n'avance pas. J'ai calé à mi parcours. Je l'ai reposé puis repris. Puis reposé. Pas moyen de continuer à suivre les aventures de Gabrielle, femme plutôt insipide et transparente, "nunuche" ô possible sortie tout droit d'un roman-photo de seconde zone. Difficile de s'identifier et de s'imprégner de ce personnage loin de l'idée que je me fais des femmes combattantes du début du siècle dernier.

Dans la main du diable aux Editions Babel, 1286 pages, 12.50€

Elle, c'est fini....

Ca y est. Les derniers commentaires sont envoyés. Je ne recevrai plus de colis surprise chaque mois. 29 livres lus et notés. 29 découvertes plus ou moins surprenantes. De belles surprises. De grosses déceptions aussi. Et ma liste de livres à lire qui n'a cessé de croitre pendant l'année !!!

Au final, mes meilleures notes dans la catégorie roman reviennent ex æquo à Claudie Galay pour "Les déferlantes" et Sorj Chalandon pour "Mon traitre". Deux grands moments de lecture.


Dans la catégorie récit, j'ai eu un coup de coeur pour "Moi, Sampat Pal, chef de gang en sari rose". En deuxième position arrive "Le chateau de verre" de Jeannette Walls


Et dans la catégorie Polar, ma meilleur note, et de loin, est allée à "Zulu" de Caryl Ferey Il faut dire que j'ai trouvé la sélection de polar très moyenne et que je suis allée de déceptions en déceptions.

Je ne vois pas quels livres pourraient détrôner "Les déferlantes "et "Zulu". Je suis plus dubitative sur le récit où les avis des unes et des autres sont assez divergents. Encore un mois de suspens...A suivre.

Sélection Mars 2009 Prix des lectrices Elle

Dans la catégorie Roman :

"Le pont des soupirs" de Richard Russo

Louis C. Lynch, dit Lucy, a toujours vécu à Thomaston, une petite bourgade proche de New York. D'un père optimiste et d'une mère tyrannique, il a hérité un «empire» de petits commerces, qu'il s'apprête à léguer à son fils unique.

Tandis que sa femme Sarah prépare leur premier vrai voyage, un séjour à Venise où ils espèrent retrouver leur plus vieil ami, Bobby Marconi, devenu un peintre de renom, Lucy met la dernière touche à l'histoire de sa vie. Une existence marquée par un drame d'enfance qui le hante encore.

Poids des origines, violence des désirs inassouvis, frustrations du couple, turpitudes de la vie provinciale, tels sont les thèmes qu'explore Richard Russo dans cet ample roman, où se rejoignent l'intime et l'universel.



Dans la catégorie Récit :

"Sans blessures apparentes" de Jean-Paul Mari

Je suis grand reporter. trente ans que je couvre les guerres du monde. Au début, je ne savais pas ce qui m'attendait. Massacres, charniers, tortures et viols...J'ai plongé dans la nuit. Très vite j'ai remarqué ces hommes que la guerre a rendus fous : héros terrorisé par ses cauchemars, ancien commando soudain muet ou vétéran qui se tire une balle dans le bouche.
Ce mal, étrange, est aussi répandu que tabou. Rwanda, Bosnie, Irak, Algérie, Vietnam, Liban...De partout, des hommes reviennent brisés. Depuis ce jour où ils ont rencontré la mort, dans la gueule d'un fusil, le regard d'un ennemi ou les yeux d'un ami.
A Bagdad, mon hôtel a reçu un obus. j'ai vu un confrère couché sur la moquette. A la place du ventre, il y avait une tâche blanche et nacrée. Alors j'ai commencé une enquête qui m'a mené dans plusieurs pays. J'ai interrogé les combattants et les psychiatres, fouillé les livres, la peinture et les films, l'ethnologie et la mythologie. une chose est sûre : si on affronte pas la douleur de la guerre, elle nous tue. Il faut plonger en nous-mêmes et se reconstruire pour trouver la guérison. Oui, on peut en mourir, survivre et revivre. Et ce mal ne nous parle que de vie et d'humanité.
Ceci est ma plus grande enquête.

Dans la catégorie Polar :

"La fille de Carnegie" de Stéphane Michaka


Robert Tourneur, lieutenant à la brigade des homicides de Manhattan nord, cherche tous les prétextes pour ne pas rentrer chez lui. Cette nuit-là, il a une bonne raison de faire des heures supplémentaires : depuis 22h16, la confusion règne au Metropolitan Opera. Un homme est tombé d'une loge en pleine représentation de La Flûte Enchantée. Sur sa poitrine, trois trous laissés par des balles de 9 mm. Nul ne sait ce qu'il faisait dans cette loge réservée à la riche héritière Sondra Carnegie, l'une des critiques d'opéra les plus en vue du milieu. Sondra semble s'être volatilisée. En revanche, on appréhende un suspect hirsute nommé Lagana. Quand ce dernier arrvie devant Tourneur pour être interrogé, le lieutenant le reconnait aussitôt : c'est un ancien collègue qu'il a mille raisons de détester.
Commence alors une longue nuit de garde à vue, qui plonge les deux hommes au coeur d'une trouble histoire de meurtre, de fantasmes, de jalousie et de manipulation.

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