Quatrième de couverture : A New York, deux personnes sont sauvagement assassinées par une nuit glaciale de pleine lune. Sur chacune des scènes de crime, une signature particulière : une pendule au cadran rond comme la lune, et qui donne l'heure exacte. Cloué dans son fauteuil roulant, le criminologue Lincoln Rhyme en appelle à Amelia Sachs, la femme qu'il aime et sa partenaire de confiance. Mais Amelia mène sa propre enquête, la première en tant que chef détective. Soucieuse de ne pas se laisser absorber par la poursuite de l'Horloger - ainsi que l'assassin s'est lui-même baptisé -, elle va faire sur la police d'étranges découvertes qui risquent de perturber sa carrière et sa relation avec Rhyme. De son côté, l'Horloger prépare un meurtre diabolique qui sera son chef-d'oeuvre...

Si vous aimez le suspens haletant et les coups de théâtre, vous allez adorer Clair de lune. Parce qu'il faut dire que l'auteur n'épargne rien au lecteur ! Cela n'arrête pas.
Cela commence comme un polar tout ce qu'il y a de plus classique, presque trop, mais quel leurre! Jeffrey Deaver nous emmène là où il veut pour nous tromper à chaque fois. Et, sans trop en dévoiler, la fin est loin d'être banale.
Un petit bémol quand même : l'auteur a eu du mal à conclure. Quelques pages mériteraient d'être coupées.
En résumé : une lecture très agréable, très vite prenante. Enfin un polar intéressant même si on est loin d'un James Ellroy ou Dennis Lehane.

Clair de lune aux Editions des 2 terres, 560 pages, 22.50 €


Antoine, 48 ans, psychiatre, a une situation matérielle très confortable. Mais il doit composer avec une femme qu'il n'est plus sûr d'aimer, une belle-mère hypocondriaque un peu trop présente, des patients qu'il supporte de moins en moins. Bref, une mélancolie s'est installée voire une dépression. Son ami d'enfance, Félix, est le seul échappatoire qu'il lui reste. Et, c'est avec lui qu'il décide de passer une licence d'histoire à la Sorbonne, caressant le doux rêve d'enseigner un jour. 
Ce changement de vie ne va pas se limiter un bouleversement de son emploi du temps. Il va agir comme un véritable catalyseur. Un révélateur de lui-même.

  Si Antoine se présente comme quelqu'un de passif, de moyen dans tout ce qu'il fait, il n'en reste pas moins qu'il est charmant, attendrissant dès les premières pages. Sûrement grâce au regard caustique qu'il porte sur lui et les autres. On rigole beaucoup avec lui, et de lui. Antoine Sénanque a le sens de la formule.

Et, les questions que se pose Antoine, qui ne se les pose pas? Qui n'a jamais eu envie de tout changer du jour au lendemain? Qui n'a pas eu l'impression de s'être trompé depuis des années? De se tromper soi-même? Antoine cesse de se contenter de se poser la question. Cela suscite une certaine admiration et on a envie de l'aider à aller jusqu'au bout, là où une majorité d'entre nous n'ira jamais....

Les avis très contraires de Papillon, et d'une "nana givrée". 




L'ami de jeunesse aux Editions grasset, 330 pages, 17,90€


Quatrième de couverture :

L'automne est la plus belle saison à Algonquin Bay. La préférée de Catherine, la femme maniaco-dépressive de l'inspecteur Cardinal, celle pourtant qu'elle choisit pour se jeter un soir du toit d'un immeuble de neuf étages. Elle a laissé une lettre, on ne peut avoir aucun doute quant à ses intentions, la police conclut à un suicide. Mais John Cardinal reçoit un message pour le moins déplaisant ; puis il découvre, en examinant le carnet de sa femme, que son message d'adieu n'était pas la dernière chose qu'elle y ait écrite... Contre l'avis de tous, il creuse l'idée qu'après tout, elle ne s'est pas forcément suicidée.

Je vais essayer de parler de ce polar en essayant d'en révéler le moins possible. Disons que Giles Blunt plonge le lecteur dans les méandres du cerveau, de la dépression plus précisément. Sujet certes passionnant mais pas assez approfondi. Il aurait pu aller beaucoup plus loin dans cette exploration "psychiatrique".
Sur la forme du livre, il n'y a rien à dire. L'utilisation de la méthode du suspens-qui-vous-tient-en-haleine-jusqu'à-la dernière-page est loin d'être originale mais très efficace (j'avoue). L'intrigue est rondement menée. Elle se déroule sans anicroches jusqu'au bout. Presque trop parfaite.
Donc Quand tu liras ces mots est une lecture très agréable, mais, ce n'est pas le policier de l'année. La sélection Elle dans cette catégorie est vraiment moyenne et décevante (mis à part, Zulu de Caryl Ferey), non?

Quand tu liras ces mots aux Editions du Masque, 430 pages, 21.50€


"Ce matin, j'ai soixante-dix-huit ans. Huit et sept font quinze. J'ai quinze ans, l'âge du traumatisme. On a toujours l'âge de son traumatisme". Traumatisme, mot extrêmement pudique pour désigner sa déportation à quinze ans au camp d'Auschwitz-Birkenau. Mais elle est comme ça Marceline. Pudique et humble quand elle raconte sa vie au camp, son combat pour l'avortement, la guerre d'Algérie. Mais c'est aussi avec un humour dévastateur et inattendu qu'elle décrit la souffrance, la peur et la faim ("Sortirons-nous d'ici par la cheminée ou la porte?"). Elle a appris à se battre tôt, très tôt et a gardé ce sens du combat tout au long de vie. Sa vie balagan (désordre, bordel en hébreu).

A sa sortie du camp, à la fin de la guerre, elle retrouve la force pour repartir, revivre et se battre contre les démons qui hantent trop souvent les anciens déportés rescapés. Elle entame une vie très riche culturellement. Elle croise les jazzmen Sydney Bechet et Bill Coleman à Saint Germain, son quartier parisien de prédilection. Elle tape même des textes pour Roland Barthes. Elle rencontre dans les années 1960 le réalisateur cinéaste Joris Ivens qui deviendra son mari. Ils parcourront ensemble le monde, animés par une soif de connaissance et de transmission. Mais, il ne se passe pas une journée encore aujourd'hui sans qu'elle ne pense à sa déportation, inscrite à vie dans sa mémoire à l'image de son numéro tatoué sur son bras.

Ma vie balagan est (peut être) le récit d'une résilience qui force l'humilité.

Ma vie balagan aux Editions Robert Laffont, 260 pages, 19 €.


Quatrième de couverture : Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

L'autre moitié du soleil, c'est d'abord un superbe texte à l'écriture poignante et généreuse qui vous prend par la main dès les premières pages, sans jamais lâcher. 
C'est aussi deux beaux portraits de femmes dans la tourmente de la guerre. Chacune des deux apporte son lot de tragédie, d'humour, de combat, de folie, de rage mais aussi de féminité et d'espoir. 
Et, L'autre moitié du soleil, c'est le combat de toutes les religions, toutes les ethnies, tous les pays face à la guerre et au barbarisme de l'Homme. 
Enfin, pour les incultes comme moi, c'est une passionnante leçon d'histoire. J'avoue, honteusement, n'avoir jamais entendu parlé du Biafra avant. Un petit pays qui a fait sécession en 1967 pendant trois années. Sécession qui s'est faite dans la douleur et le sang. Pour la petite histoire, c'est au cours de ce conflit que les premières organisations non-gouvernementales comme Médecins Sans Frontières ont vu le jour.  

L'autre moitié du soleil aux Editions Gallimard, 500 pages, 25€. 

Daphné Disparue, José Carlos Somoza



"Je suis tombé amoureux d'une inconnue...": c'est par cette phrase que tout commence pour Juan Cabo, écrivain à succès devenu amnésique après un accident de la route. C'est aussi la première phrase d'un court paragraphe qu'il a écrit quelques heures avant l'accident. Mais qui est cette femme ? Réalité ou fiction

Roman inclassable, découvert par hasard, "Daphné disparue", mélange tous les genres. Le roman sentimental, la science fiction, le polar, presque le théâtre... sans parler des déroutantes interpellations du narrateur au lecteur qui rendent la lecture encore plus étrange et captivante. La construction du livre est implacable, intelligente. Le résultat, machiavélique

L'univers pointé du doigt est celui de la littérature, le petit monde fermé des écrivains. A quoi sert la littérature? Qu'est ce que l'inspiration d'un écrivain? Quelle importance accorder à l'écrit aujourd'hui?... Vaste programme abordé de façon très originale. Une lecture bousculante !

Un autre avis positif : Kathel dans Lettres Exprès. 
Bookomaton n'a pas accroché. 

Daphné Disparue aux Editions Actes Sud, 220 pages, 19 €.

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