L'ombre en fuite, Richard Powers


Quatrième de couverture : Washington. Adie Klarpol, une jeune artiste désillusionnée, est engagée par une compagnie d'informatique pour travailler sur un système expérimental, "la Caverne". Ce simulateur d'univers virtuels en 3D permet de revisiter, entre quatre murs, les chefs d'œuvres de l'art.

Beyrouth. Talmur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Seul dans un cachot, il n'a que sa mémoire et son imagination pour s'évader.

Un simulateur d'univers virtuels, un cachot : deux pièces dissemblables, toutes deux ouvertes à toutes les transformations, l'une par la magie de l'informatique, l'autre par la ténacité de l'esprit humain. Deux univers a priori inconciliables dont Richard Powers, avec son sens renversant du romanesque, tire une polyphonie grandiose. Le romancier explore le destin de l'art à l'époque du virtuel, celui de la mémoire à l'époque de l'informatique et questionne une fois de plus les rapports entre science, histoire et imagination.

Avant d'aller plus loin, il faut que je précise que je suis une fan inconditionnelle de Richard Powers. "Le temps où nous chantions" m'a époustouflée, "La chambre aux échos", bouleversée. Donc quand j'ai reçu en début de semaine un colis des Éditions Cherche Midi avec le dernier Powers à l'intérieur, j'ai arrêté tambour battant mes lectures et activités en cours pour me plonger dans "L'ombre en fuite"...Excitation, impatience, tout y passe.
Et pourtant, en refermant le livre, j'ai aujourd'hui un arrière goût de malentendu, d'incompréhension totale, de rendez-vous manqué. Suis-je complètement passée à côté du livre? En tout cas, la lecture a été éprouvante. Difficile de suivre des chapitres entiers sur l'informatique expérimental. Difficile de rentrer dans l'univers de l'écrivain tant les descriptions sont denses et complexes. Par contre, les chapitres sur la prise d'otage sont du très grand Powers. Mais ces chapitres sont peu nombreux... Quelle déception!

Un grand merci quand même aux Éditions Le Cherche Midi pour le cadeau du livre.

L'ombre en fuite aux Éditions Le Cherche Midi, 431 pages, 22 €

9 commentaires:

In Cold Blog a dit…

Je suis actuellement en train de le lire et je dois dire que je suis moi aussi perplexe quant à tout ce baratin informatique... Wait and see

Solène a dit…

Je suis moi aussi en train de le lire. J'avoue être également déstabilisée par l'atmosphère "numérique". Mais j'avoue que j'aime l'écriture si riche de Powers, cela rend la lecture quand même très intéressante.

Anna Blume a dit…

@In cold Blog : tiens moi au courant et donne moi ton avis. je suis curieuse de savoir...

@Solène : Certes la lecture est intéressante (cela reste du Powers) mais j'ai quand même été "hermétique" à cette ambiance scientifique. Bonne lecture

kathel a dit…

Je l'ai reçu aussi : une centaine de pages lues et je n'accroche pas vraiment à la partie informatique du roman...

keisha a dit…

Je l'ai fini la semaine dernière et en fait je terminais mon billet en cherchant quelques liens, je suis donc ravie de voir que d'autres que moi se sont usés un peu les neurones...Je suis aussi une inconditionnelle depuis Le temps où nous chantions et la chambre aux échos.
La partie "otage" est excellente, ce n'est pas elle qui fait discuter.
La partie "réalité virtuelle" est plus difficile, cela manque bien sûr d'humain, quoique Powers arrive à nous les montrer, ces fous de maths et d'informatique! J'ai aimé les parties sur les tableaux aussi.
Ma tête a chauffé, à la fin je ne savais plus trop dans quelle histoire j'étais, mais le côté scientifique m'a plu (gonflé, ce Powers, de choisir un thème pareil!), il faut dire que j'ai failli étudier l'informatique (ouais, j'ai choisi les maths...)alors ça va je pouvais suivre un peu.
On reconnait le style de Powers, franchement il est doué, même si là le sujet est un peu casse cou!

Leiloona a dit…

Je suis aussi en plein dedans : j'ai moi aussi du mal à ne pas m'ennuyer dans la caverne.

Karine :) a dit…

Je l'ai reçu, mais pas encore commencé... j'attends d'avoir le cerveau un peu plus disponible car bon, disons que ce que vous en dites fait un peu peur... surtout que j'étais très, très enthousiaste au départ!

Jean-Yves a dit…

L'Ombre en fuite est le septième roman de Powers (paru donc juste avant Le Temps où nous chantions). Je ne pense pas que la différence de tonalité entre ces deux titres soit attribuable à une évolution de l'auteur, mais plutôt à la structure générale de l'oeuvre qui se répartit de manière assez rigoureuse de part et d'autre d'une frontière tracée entre les titres pairs et les titres impairs. En ce sens, L'Ombre en fuite appartient à la "famille" des Trois Fermiers s'en vont au bal (n°1) et de La Chambre aux échos (n°9), textes dont l'écriture se veut plus expérimentale, là où les autres sont plus conventionnels.

Je comprends que certains soient un peu rebutés par la langue technique de l'informatique (idiome natal de Powers, que l'on retrouve encore dans deux de ses plus grands romans), mais je ne crois pas qu'il faille s'arrêter à cet obstacle. D'abord, parce qu'il n'est pas vraiment utile de saisir les tenants et aboutissants des aspects techniques de la réalité virtuelle pour suivre le récit ; ensuite, parce que ce jargon opaque auquel nous nous heurtons est, dans le texte, l'analogue des murs auxquels se cognent les personnages. L'écriture dissout ce mur-là en transformant le langage aride de l'informatique en une langue poétique riche d'images insolites (pourvu qu'on ouvre les yeux et les oreilles), un espace d'invention artistique très voisin de celui de la Caverne. En ce sens, l'écriture accomplit le même tour de force que la mémoire et l'imagination de Taimur Martin : elle fait tomber des murs. Cette idée est à mettre en rapport avec l'usage abondant de la métaphore dans le roman. Ce trope est en effet l'outil principal d'un décloisonnement des catégories instaurées par le langage, premier artisan des murs qui nous emprisonnent. C'est en tout cas ainsi que j'ai compris le texte, et c'est dans ce sens que j'ai essayé de le traduire.
Bonne lecture à tous. Vous verrez, à la fin, ça vaut vraiment le coup.

lily a dit…

Il faut absolument que je découvre cet auteur, mais visiblement il vaut mieux que je commence par Le temps où nous chantions :)
Effectivement, il ne m'a pas l'air évident évident celui-ci (pour moi qui suis allergique à l'informatique dès que cela devient trop complexe..)

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