L'avenir de l'eau, Erik Orsenna




E
n refermant L’avenir de l’eau, vous ne verrez plus votre robinet de la même manière.

Après Le voyage au pays du coton, Erik Orsenna décide de s’intéresser à l’eau. Ne croyez pas que vous allez ouvrir un livre académique. L’objet est plus fin, plus subtile.
Il veut comprendre l’eau, la raconter, l’observer. Pour cela, il a parcouru le monde entier. Elle est trop souvent trop abondante (les inondations) ou trop rare (la sècheresse). Elle tue même (le choléra). Des banalités ? Certes…Mais quand on regarde les chiffres, ces « banalités » affolent : 2.6 milliards d’êtres humains vivent sans système d’évacuation des eaux usées. 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d’eau, dont la moitié sont des enfants.

Au cours de ses voyages, au gré de ses rencontres avec les politiciens, les industriels et les autochtones, Erik Orsenna décrit cette bataille de l’eau avec ses mots de néophyte. Et comme il est un incroyable conteur, jamais moralisateur, les pages se lisent avec enthousiasme. Le message passe doucement mais surement. Qu’est ce qu’une goutte d’eau ? Le cycle de l’eau ? Pourquoi des barrages ? Pourquoi les moussons ? Le choléra ? Gestion publique ou privée de l’eau ? Quelle eau pour demain ?

L’eau est un bien précieux. La pierre angulaire de l’existence. Une évidence trop souvent oubliée par les hommes qui comme nous n’ont qu’à tourner un robinet pour boire, sans risque qui plus est. On se paie le luxe à Las Vegas d’utiliser 1 000 litres par habitant quand en Namibie il ne tombe que 20 millimètres par an…Les inégalités ne feront que grandir avec le réchauffement climatique. A l’Homme dès aujourd’hui de trouver des solutions adaptées à chaque pays, chaque régions. Car, l’eau est une histoire locale. Elle est plurielle. L’avenir de l’eau est une multitude de combats locaux pour une survie mondiale, peut être.

J’ai tout de même un gros reproche à faire à Mr Orsenna : celui de ne pas suffisamment taper du poing sur la table, de ne pas ouvertement donné son avis. Il se retranche trop souvent derrière des constats sans accuser. L’exemple concernant l’agriculture française est frappant…Sinon ce précis de mondialisation est un véritable plaisir de lecture.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Fayard pour ce livre.


L'avenir de l'eau aux Editions Fayard, 400 pages, 22€

3 commentaires:

chris89 a dit…

C'est vrai, Erik Orsenna est un véritable conteur d'histoire avec « Madame Bâ ou portrait du golf stream » il l'avait déjà démontré. Je n'ai pas encore lu "l'avenir de l'eau", mais dans le premier opus « voyage au pays du coton » effectivement, il fait un constat simplement et nous laisse a nos réflexions, il est comme un passeur. À nous de choisir notre chemin et celui des générations futures. Oui, c'est parfois frustrant, mais quel plaisir de le lire ...

Anonyme a dit…

Merci pour cette critique, après le coton, j'ai bien hâte de découvrir "L'avenir de l'eau".

Et s'il ne tape pas du poing sur la table, est-ce vraiment à lui de le faire ? Dans "voyage au pays du coton" il nous donne toutes les pistes pour le faire nous-mêmes ...

Berengere

Anna Blume a dit…

@ Chris89 : c'est effectivement un grand plaisir à chaque fois que j'ouvre un livre de cet auteur.

@Anonyme : dans "l'avenir de l'eau", il donne effectivement des pistes. Mais, il rencontre des grands décideurs et donne l'impression de rester passif face à eux, de ne pas utiliser ces talents de narrateur pour défendre sa cause.

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