Pré-sélection Avril 2009 Prix Elle 2009

Cette fois-ci, sept livres à lire sur deux mois. De ces sept livres, il ne restera que les trois meilleurs pour la sélection d'avril 2009. 

Dans la catégorie Roman :

L'autre moitié du soleil de Chimamunda Ngozi Adichie : 

Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.

Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.

Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

L'exposition de Nathalie Léger

On peut tout exposer: quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable.
On peut tout exposer: une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.


L'ami de jeunesse d'Antoine Senanque


Antoine Saint Bernard est psychiatre. Il a quarante-huit ans et, comme on dit, une situation enviable. Une épouse obsessionnelle qui ne laisse rien au hasard. Des jumeaux de dix ans qu’il confond encore. Une belle-mère antipathique et omniprésente. Un frère aîné qui vit à ses crochets, c’est-à-dire chez lui, et l’abreuve de conseils. Une secrétaire hypocondriaque choisie par son épouse. Des patients angoissés ou mélancoliques mais fidèles, quand sa femme ne l’est plus. Et surtout, Félix, l’ami de jeunesse, restaurateur, coureur, menteur, et dont l’insouciance heureuse le désespère.
Car Antoine, lui, a des tendances dépressives – de nature plus que par les circonstances de l’âge. Dominé, par les autres, et par ses propres doutes. Indécis, tant le courage lui fait défaut face aux conséquences de ses choix : comme la vie est risquée, Antoine ne vit pas.
Pourtant, parvenu au mitan de l’existence, Antoine décide soudain d’en changer. Incapable de franchir seul le pas, en solitaire qu’il est, il convainc Félix de le suivre : le psychiatre et le restaurateur iront donc apprendre l’histoire à la Sorbonne.

Dans la catégorie Documents :

Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet 

Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l’écroulement de votre bibliothèque ? L’accumulation de livres ne met-elle pas en danger l’existence même de votre famille ? Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ? Autant de graves questions se posant à cette espèce en voie de disparition : les bibliomanes, qui, outre la passion de posséder les livres, ont celle de les lire.

Les bibliothèques sont des êtres vivants à l’image de notre complexité intérieure. Elles finissent par composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir nous pouvons très bien ne plus sortir. Dans ce petit traité sur l’art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d’autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de « contrôleur du droit des pauvres » ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick. En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.

Ma vie Balagan de Marceline Loridan-Ivens

Le matin de ses soixante-dix-huit ans, Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg, calcule que 7 et 8 font 15 : quinze ans, son âge lors de sa déportation au camp d'Auschwitz-Birkenau. Elle contemple les objets de sa maison, qui réveillent en elle des fragments de sa vie faite de désordres, de révoltes, de provocations et d'engagements sur les marges du monde...

1945 : revenue d'Auschwitz détruite à mort, Marceline se lance dans la vie comme si elle n'avait plus rien à perdre. Elle hante les nuits bleues des caves de Saint-Germain-des-Prés, entre au PC, claque la porte, porte les valises pour le FLN, s'engage pour l'avortement - elle est de tous les combats. Et rencontre le grand cinéaste Joris Ivens ; la voilà avec lui au Vietnam sous les bombardements, à Pékin pendant la Révolution culturelle... Une grande histoire d'amour et de cinéma commence.

Simone Veil, son amie pour la vie, se rappelle que même à Auschwitz Marceline racontait des histoires drôles. Une façon pour elle de survivre à la souffrance omniprésente du souvenir. Ainsi se reconstruit à la première personne, sur une mémoire fuyante et une force de vie contagieuse, la légende intime de Marceline Loridan-Ivens, que le feu des nazis n'a pas pu anéantir.


Dans la catégorie Policiers : 

Quand tu liras ces mots de Giles Blunt 

L'automne est la plus belle saison à Algonquin Bay. La préférée de Catherine, la femme maniaco-dépressive de l'inspecteur Cardinal, celle pourtant qu'elle choisit pour se jeter un soir du toit d'un immeuble de neuf étages. Elle a laissé une lettre, on ne peut avoir aucun doute quant à ses intentions, la police conclut à un suicide. Mais John Cardinal reçoit un message pour le moins déplaisant ; puis il découvre, en examinant le carnet de sa femme, que son message d'adieu n'était pas la dernière chose qu'elle y ait écrite... Contre l'avis de tous, il creuse l'idée qu'après tout, elle ne s'est pas forcément suicidée.

Quand tu liras ces mots explore la douleur et le sentiment de culpabilité du survivant après le suicide de son conjoint. Émouvant et lyrique, mais également glaçant, car un assassin pervers et manipulateur se cache derrière la mise en scène du drame.

Claire de lune de Jeffrey Deaver

A New York, deux personnes sont sauvagement assassinées par une nuit glaciale de pleine lune. Sur chacune des scènes de crime, une signature particulière : une pendule au cadran rond comme la lune, et qui donne l'heure exacte. Cloué dans son fauteuil roulant, le criminologue Lincoln Rhyme en appelle à Amelia Sachs, la femme qu'il aime et sa partenaire de confiance. Mais Amelia mène sa propre enquête, la première en tant que chef détective. Soucieuse de ne pas se laisser absorber par la poursuite de l'Horloger - ainsi que l'assassin s'est lui-même baptisé -, elle va faire sur la police d'étranges découvertes qui risquent de perturber sa carrière et sa relation avec Rhyme. De son côté, l'Horloger prépare un meurtre diabolique qui sera son chef-d'oeuvre...

Jeffery Deaver est édité à travers le monde entier Ses romans ont figuré sur de nombreuses listes de best-sellers, dont celles du New York Times et du Times de Londres. Ils lui ont également valu les plus prestigieux prix de la littérature policière. Le Rectificateur a obtenu le prix Steel Dagger. Le Désosseur a été adapté au cinéma (Universal) avec Denzel Washington et Angelina Jolie dans les rôles principaux. La critique salue son talent pour la terreur qu'il distille et pour ses intrigues à rebondissements. 

Le premier principe, le second principe, Serge Bramly, Sélection prix Elle 2009


Croyez-vous qu'il existe des périodes où on peut être complètement hermétique à toute lecture. Si oui, je dois être en plein dedans ; je n'ose même pas publier tous mes commentaires de lecture tant ils sont tous négatifs. Donc tout ça pour expliquer, tenter d'expliquer que "le premier principe, le second principe" m'a profondément ennuyée. Du début à la fin. Que de disgressions sans fin ! Que de longueurs!  
A lire : l'avis d'Amanda Meyre qui a adoré (j'ai presque l'impression qu'on n'a pas lu le même livre). 

Le premier principe, le second principe aux Editions JC lattès, 615 pages, 22€

Je t'ai vue, Julie Parsons, Sélection Prix Elle 2009


Quatrième de couverture : 


Voilà dix ans que l’inspecteur Michael McLoughlin est hanté par le meurtre d’une jeune femme et par le souvenir de sa mère, Margaret, pour qui il avait ressenti une attirance mêlée de compassion. 
À la demande d’un ami, McLoughlin accepte de rencontrer une autre femme qui vient de perdre sa fille Marina, retrouvée noyée dans un lac. Accident, suicide… ou meurtre ?
Au fil de son enquête, McLoughlin découvre que Marina n’était pas la jeune femme sans histoire que l’on croyait. Elle faisait l’objet de mystérieuses menaces liées à une sordide histoire d’humiliation remontant à sa scolarité dans un pensionnat huppé.
Quant à Margaret, elle pensait pouvoir échapper à son passé en s’exilant en Nouvelle-Zélande, mais la mort de sa fille, et celle de son assassin, qu’elle a elle-même minutieusement orchestrée, ne la laissent pas en paix. Rongée par le remords, elle décide de rentrer à Dublin pour se livrer à la justice. Une simple rencontre dans le cimetière où sont enterrées sa fille et Marina va bouleverser sa vie…

Pour être très sincère, ce livre ne mérite pas qu'on s'y attarde. Une intrigue trop banale, des personnages peu travaillés, une écriture plate... Au suivant.

Le voyage dans le passé, Stefan Zweig


Une nouvelle inédite de Zweig, c'est suffisamment rare (et précieux) pour être souligné. Le voyage dans le passé avait été publiée en 1929 dans une revue à Vienne. Elle n'a été retrouvée que des années plus tard à Londres sous la forme d'un tapuscrit annoté par l'auteur. Une fois encore il y est question d'amour, d'exil et de guerre, des thèmes chers à Zweig. 

L'histoire est presque banale : un homme et une femme qui se sont aimés follement se retrouvent après neuf années de séparation à cause de la première guerre mondiale. L'amour résiste-t-il au temps? à l'absence de l'autre? à la guerre? 
Après toutes ces années, est-ce toujours l'amour qui vous anime ou bien l'image qu'il en reste dans les souvenirs? En somme, l'amour entre deux êtres se satisfait-il de la séparation? Ce sont toutes ces questions que vont devoir affronter les deux amants perdus et déroutés face à ces retrouvailles.
Avec un talent incroyable, une maîtrise du mot juste, sans emphase, Zweig décrit le cheminement intérieur de chacun des personnages. Il a cet art incroyable de savoir suggérer dans un geste, un regard toute la détresse d'une âme. Un texte somptueux. 

Le voyage dans le passé aux Editions Grasset, 172 pages, 11 €


Quatrième de couverture : 


Figure emblématique de l'histoire des Etats-Unis, Maya Angelou s'est engagée corps et âme dans le vingtième siècle américain. Tant que je serai noire est le récit de sa vie à partir de 1957 lorsque, décidée à devenir écrivaine, elle part avec son fils Guy pour rejoindre Harlem, épicentre de l'activité intellectuelle des Noirs américains. Elle participe aux bouleversements de l'époque et rencontre des artistes comme Billie Holiday et James Baldwin, et les leaders des mouvements civiques, Malcom X et Martin Luther King. Enfin, conquise par Vuzumzi Make, combattant pour la liberté et les droits des noirs d'Afrique du Sud, elle part vivre en Afrique, théâtre des luttes colonialistes, où elle devient journaliste. Ce récit est l'autoportrait d'une femme exceptionnelle qui a intégré, jusque dans les plus profonds replis de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.   

Comment ne pas résister devant ce bout de femme qui se bat pour écrire, pour son fils, pour manger? Comment ne pas être admirative et envieuse quand elle se bat auprès de ceux qui ont fait l'histoire des Noirs américains comme Malcom X et Martin Luther King ? Comment ne pas s'attacher à cette femme qui lutte pour l'ensemble des femmes, des noirs, un combat toujours d'actualité aujourd'hui?
Tant que je serai noire nous prend par la main dès les premières pages et ne nous lâche à aucun moment. Un très bon moment de lecture. 
Je ne résiste pas à vous retranscrire la rencontre incroyable avec Billie Holiday :

« Je l’entrevis d’abord par la porte moustiquaire, et ma nervosité se mua aussitôt en stupéfaction. Son visage bouffi ne gardait presque rien de sa beauté de naguère. Elle avait les yeux d’un noir éteint. Lorsque Wilkie fit les présentations, la main de Billie Holiday resta un moment dans la mienne, pareille à un jouet en caoutchouc.
— Ça va, Maya ? dit-elle. C’est joli, chez toi.
Elle n’avait même pas jeté un coup d’œil autour d’elle. Je reconnus toutefois la voix traînante, mince et geignarde qui, certains soirs de solitude, m’avait tenu compagnie. J’apportai du gin et j’écoutai Wilkie et Billie se remémorer le bon vieux temps et leurs amis communs de Washington,DC. Les noms qu’ils évoquaient et les escapades qui les faisaient glousser ne voulaient rien dire pour moi, mais j’étais fascinée par leur conversation et par la complexité de la langue de Billie. La fréquentation des clochards, des arnaqueurs, des joueurs et des escrocs à la petite semaine m’avait exposée aux gros mots. Et pour avoir passé des années dans les loges des boîtes de nuit, des cabarets et des bastringues en tous genres, je croyais connaître tous les blasphèmes. Je n’avais encore rien entendu. La langue de Billie Holiday était un mélange de railleries et de vulgarité qui me prit complètement par surprise. Elle employait des mots courants, mais les arrangeait de façon inédite, en prenant un ton désinvolte et grinçant qui semblait mettre une éternité à franchir vos oreilles.

(…)

La stupéfaction se lisait sur le visage de Billie. Au bout d’un moment, elle se tourna vers moi.
— Merde. Quel personnage ! Futé avec ça. Qu’est-ce qu’il veut faire, quand il sera grand ?
— Médecin ou pompier. Ça dépend des jours.
— Tant mieux. Ne le laisse pas tenter sa chance dans le show-business. Pour les hommes noirs, c’est la merde. Quand les choses vont pas assez vite à leur goût, ils s’en prennent aux femmes. Comment t’as dit qu’il s’appelle, déjà ?
— Guy. Guy Johnson.
— Tu t’appelles Angelou et lui Johnson ? T’es pourtant trop jeune pour avoir été mariée deux fois.
Quand Guy est né, j’étais adolescente et célibataire. Je lui avais donc donné le nom de mon père. Mais je ne tenais pas à ce que Billie sache tous les détails.
— Que voulez-vous ? dis-je. C’est la vie.
Elle hocha la tête.
— Ça, c’est sûr. La vie est une salope. Une salope de première.
Guy fit irruption dans la pièce, vêtu d’un vieux jean et d’un t-shirt élimé.
— Vous êtes prête, Miss Holiday ? Vous me donnez un coup de main ? Allez ! Je vous promets de ne pas vous arroser.
Billie se leva lentement, au prix d’efforts considérables. Je décidai que le moment était venu d’intervenir.
— Miss Holiday est là pour voir maman, Guy. Occupe-toi de tes corvées. Tu parleras avec elle ensuite.
Billie était debout.
— Nan, nan. Je sors avec lui. Mais veux-tu bien me dire pourquoi diable tu le laisses porter des guenilles pareilles ? C’est un quartier de Blancs, ici. Tout le monde va le regarder de travers. Demain, Guy, si ta maman est d’accord pour me conduire, je vais aller dans un magasin t’acheter de belles affaires. C’est pas parce que tu fais un peu de jardinage que tu dois avoir l’air d’un ramasseur de coton. Allez, je te suis.

Tant que je serai noire aux Editions  Les Allusifs, 360 pages, 24 €

Marie-Antoinette, Stefan Zweig


Qui était réellement la dernière Reine de France et de Navarre guillotinée place de la Concorde en octobre 1793? Vilipendée par les uns, sanctifiée par les autres, celle qu'on surnommait l'"Autrichienne", est probablement la reine la plus méconnue de l'histoire de France. Ou plutôt, la plus mal connue. 

Si Stefan Zweig est majoritairement reconnu en France pour ses nouvelles, il ne faut pas oublier qu'il fut aussi un grand  essayiste et biographe. Sa connaissance de l'histoire alliée à son esprit critique et à son intérêt pour la philosophie et la psychanalyse ont permis à Zweig de nous offrir des textes d'une grande richesse et d'une grande acuité psychologique où l'Histoire prend ses lettres de Noblesses et où l'épique côtoie le réalisme avec bonheur. 

Beaucoup plus sérieuse et moins enjolivée que la biographie d'Antonia Fraser (qui inspira le film "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola), l'auteur n'épargne rien  à Madame Veto tout en  rétablissant avec rigueur la vérité trop souvent déformée avant la Révolution.  (Zweig s'appuie en 1933 sur les archives de l'empire autrichien et sur la correspondance du comte Axel de Fersen qu'il fût le premier à pouvoir consulter dans son intégralité). 

Ce portrait, qui se lit comme un roman, montre une femme insouciante et rebelle, tourmentée et aimante, qui appelée trop tôt au trône, ne prendra conscience de son rôle que bien trop tard... "C'est dans le malheur qu'on sent davantage ce qu'on est" dira-t-elle quelques jours avant sa mort.

Une lecture passionnante...

Sélection Décembre Grand Prix des Lectrices Elle 2009



Dans la catégorie roman: "Le premier principe, le second principe" de Serge Bramly. 

Quatrième de couverture : 

L’histoire commence en 1981, par le mariage de la princesse, et s’achève de nos jours. Elle nous est racontée par un analyste de la DGSE, nostalgique des années où il était en poste à Shanghai. Refusant la théorie du complot, il préfère tout expliquer selon les deux principes de la thermodynamique :
- tout corps se refroidit au contact d’un corps froid ;
- dans un système clos, l’entropie, le désordre va en augmentant.
Ce sont des vérités que n’importe qui peut éprouver au bureau, en affaires, en politique aussi bien que dans sa vie de couple.

Avec cette fresque ample, foisonnante, soutenue par une longue enquête dans le milieu des armes et du renseignement, Serge Bramly nous entraîne d’une garden-party à l’Élysée aux bords de la mer de Chine, en passant par l’Afrique et l’ex-Yougoslavie, nous plongeant au cœur des ténèbres et recomposant de manière éblouissante l’histoire occulte de la France de ces trente dernières années, sa violence, ses tragédies intimes et ses scandales nationaux, ses espoirs déçus, ses faux suicides, ses secrets si explosifs qu’aujourd’hui encore il arrive que l’on tue pour empêcher leur divulgation.

Dans la catégorie Document : "Tant que je serai noire" de Maya Angelou. 

Quatrième de couverture :

Après Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage (Les Allusifs, 2008), Tant que je serai noire poursuit le récit de la vie de Maya Angelou à partir de 1957 lorsqu’elle décide de quitter la Californie pour partir avec son fils Guy s’installer à New York et y devenir écrivaine. Très vite, sa témérité, sa détermination et son talent en font rapidement une figure notoire du Harlem littéraire. Puis, Maya Angelou raconte les débuts de son expérience africaine, lorsqu’elle décide de suivre un héros de la lutte des droits des Noirs d’Afrique du Sud. Après une longue étape au Caire à l’époque où les mouvements anticolonialiste y convergeaient, c’est le voyage au Ghana et le retour vers les terres d’où ont été arrachés ses ancêtres.

Ce récit autobiographique raconte la vie d’une femme qui a été un témoin privilégié des importants événements de l’histoire des Noirs au début des années soixante, alors qu’aux États-Unis, ils se soulevaient contre le racisme établi et qu’en Afrique, ils se libéraient du joug colonialiste. S’y dessine l’autoportrait d’une femme exceptionnelle qui parvient à intégrer jusque dans les plus profonds replis de sa vie intime une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.


Dans la catégorie Policier : "Je t'ai vue" de Julie Parsons 


Quatrième de couverture : 

Voilà dix ans que l’inspecteur Michael McLoughlin est hanté par le meurtre d’une jeune femme et par le souvenir de sa mère, Margaret, pour qui il avait ressenti une attirance mêlée de compassion. 
À la demande d’un ami, McLoughlin accepte de rencontrer une autre femme qui vient de perdre sa fille Marina, retrouvée noyée dans un lac. Accident, suicide… ou meurtre ? 
Au fil de son enquête, McLoughlin découvre que Marina n’était pas la jeune femme sans histoire que l’on croyait. Elle faisait l’objet de mystérieuses menaces liées à une sordide histoire d’humiliation remontant à sa scolarité dans un pensionnat huppé.
Quant à Margaret, elle pensait pouvoir échapper à son passé en s’exilant en Nouvelle-Zélande, mais la mort de sa fille, et celle de son assassin, qu’elle a elle-même minutieusement orchestrée, ne la laissent pas en paix. Rongée par le remords, elle décide de rentrer à Dublin pour se livrer à la justice. Une simple rencontre dans le cimetière où sont enterrées sa fille et Marina va bouleverser sa vie…


Quatrième de couverture : « J’avais une vingtaine d’années lorsque j’ai couvert la guerre en Tchétchénie, en 1995 et 1996, et encore aujourd’hui, je l’ai dans la peau. Pour la première fois, je rencontrais la mort et je comprenais ce que signifiaient la peur, la souffrance. […] Il y a deux ans, je me suis dit qu’il était temps d’y retourner. Revenir en Tchétchénie après une dizaine d’années d’absence fut une expérience éprouvante. Etre témoin de ce que la guerre a infligé à la population, rencontrer des enfants qui ont perdu leurs parents, des parents qui ont perdu leurs enfants, voir à quel point la société avait été brutalisée. J’ai rencontré un garçon qui vit dans les ruines ; il m’a raconté pourquoi il ne pouvait contrôler la violence de ses émotions : “Je suis mauvais, tout en moi est mauvais. Je n’ai qu’une envie : tuer et détruire. […]” Dans mon livre, je ne dénombre pas les victimes car il est impossible de dénombrer les cœurs endurcis, les enfances brisées. Je ne compte pas, je raconte. » Asne Seierstad.

Voilà le commentaire, très succinct..., que j'ai rendu à Elle : 

L’ange de Grozny m’a profondément ennuyé. Je l’ai d’ailleurs abandonné à mi-parcours. Certes, le sujet est pourtant suffisamment grave pour s’y intéresser quelques heures. L'histoire d'événements dramatiques qui ont eu lieu à quelques heures  à peine de Paris. 
 Mais l’auteur semble avoir eu du mal à construire son récit. Il part dans tous les sens. On ne sait pas trop vers où l’auteur veut nous emmener. On s'y perd rapidement. Un grand dommage car il y avait matière à faire un bouleversant témoignage

L'ange de Grozny aux Editions JC Lattès

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