Mon beau sapin, Surfez intelligent...



Mon Beau Sapin : des BD pour la Croix Rouge !


Recommandé par des Influenceurs

Je sors un peu du cadre "littéraire" exceptionnellement pour signaler une initiative importante de Pénélope Joli Coeur. En partenariat avec la Croix Rouge, pour le Noël des enfants défavorisés, elle a mis en place un site événement qui présente chaque jour une nouvelle bédé au sujet de Noël. On peut donc visiter le site pour rigoler un peu. Le nombre de visiteurs qui s'accumulent engendre des sous pour l'opération de la Croix Rouge.

Mais ce n'est pas tout. Chaque internaute a la possibilité de faire un micro-don pour l'opération. Le don minimum est normalement de 12€, pendant tout le mois de Décembre, on peut faire un donc de 1€ minimum.

En résumé : je lis des BD marrantes sur Noël, je découvre des artistes talentueux, j'en parle autour de mois pour faire de nouveaux visiteurs donc plus de sous, et je n'hésite pas à un faire un don de quelques euros pour faire exploser la cagnotte !

Pour bien comprendre le principe, Pénélope vous explique tout ici !

Pour les blogueurs qui souhaitent relayer l'info, il y a des bannières à choper chez les Influenceurs.



Mon Beau Sapin : des BD pour la Croix Rouge !


Recommandé par des Influenceurs

Seule Venise, Claudie Gallay


A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre. 

Idée incongrue que celle de se réfugier à Venise après que l'être qui vous était le plus cher vous ai quitté... C'est pourtant l'idée de départ de Seule Venise. Destination improbable à une période improbable aussi : l'hiver. Venise vide. Venise froide. Venise mélancolique. Venise à l'opposé du cliché. 

La narratrice erre et se perd dans les ruelles, mais aussi dans le dédales de ses sentiments, de son chagrin. Il l'a arrachée à la vie. Et pourtant, avec une finesse incroyable, Claudie Gallay va la faire renaître doucement dans ce milieu hostile. La ville va devenir chaleureuse et troublante. La vie plus joyeuse. Le désir plus ardent. Oui, il est possible à quarante ans de ressentir les émois des amours adolescentes. 
Encore une fois, l'auteur délivre un texte d'une rare beauté. La douceur règne. Les personnages sont travaillés comme de l'orfèvrerie. Comme Venise. A lire absolument.

"Je suis une solitaire. De la pire espèce. Celle des taupes. Une inadaptée. J'ai besoin de ma tanière, mon trou de terre.
Je reprends du café, une tasse pleine. Je la porte à mes lèvres. Je pense à vous. Le mariage n'a rien à voir avec l'amour. L'amour est ailleurs.
Brutal. Insensé. Hors de toute logique"

"Toujours, des hommes et des femmes se sont rencontrés à Venise. Toujours, des hommes et des femmes se sont aimés. Ont bravé le vent.
Je vous regarde.
Je ne vous connais pas. Je vous rencontre.
- Vous rougissez.
Je détourne la tête.
Vous souriez.
C'est à cause de ça.
Votre sourire. Et votre voix. J'ai aimé votre voix comme on aime un corps.
On regarde ailleurs. L'eau découvre les marches, le bois pourissant des pieux.
Avec les lumières, on voit à l'intérieur des palais. Les lustres éclairés.
- Les vénitiens sont là. Ils seront là jusqu'à la fin.
Vous aussi vous êtes là, je dis, mais pas suffisamment fort. Vous n'entendez pas."

Seule Venise aux Editions Babel, 300 pages, 8.50 €.

Où on va , papa ?, Jean-Louis Fournier


"Où on va, papa?", c'est la question que pose sans cesse un des fils handicapés moteurs et mentaux de Jean-Louis Fournier en voiture. Il a beau répondre, Thomas répète la question une fois, deux fois, dix fois.... vingt fois. Parce qu'il garde le sens de l'humour, il dit que son fils est le roi du running gag.
"Où on va, papa?", se lit en une petite heure. Une heure d'intense émotion, je vous l'assure. On passe du rire aux larmes à chaque page. C'est juste une sublime  déclaration d'amour d'un père à ses enfants pas comme les autres que la société étiquette trop vite. 
Extrait : 
"Quand je me promène avec mes deux garçons, j'ai l'impression d'avoir au bout des bras des marionnettes ou des poupées de chiffon. Ils sont légers, ils ont des petits os fragiles, ils ne grandissent pas, ils ne grossissent pas, à quatorze ans ils en paraissent sept, ce sont des petits lutins. Ils ne s'expriment pas en français, ils parlent le lutin, ou bien ils miaulent, ils rugissent, ils aboient, ils piaillent, ils caquettent, ils jacassent, ils couinent, ils grincent. Je ne les comprend pas toujours.
Qu'est ce qu'il y a dans la tête de mes lutins? Il n'y a pas de plomb. En dehors de la paille, il ne doit pas y avoir grand chose, au mieux une cervelle d'oiseau....
Récemment, j'ai eu une grande émotion. Mathieu était plongé dans la lecture d'un livre. Je me suis approché, tout ému.
Il tenait le livre à l'envers."

Au début, on a le rire "coincé" tant le ton est inattendu. Puis, très vite, on comprend que le rire, c'est ce qui a sauvé cette famille sinon "elle serait un lac de larmes". L'humour, plus efficace que le Prozac. 
Le ton est juste, touchant. Jamais de misérabilisme. Les mots sont simples, troublants mais jamais dérangeants. Une réussite. 

Où on va, papa? aux Editions Stock, 150 pages, 15 €.

Un brillant avenir, Catherine Cusset


Quatrième de couverture : Elena, une jeune roumaine née en Bessarabie et ballottée par l'Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s'opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob, et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie, communiste et antisémite de Ceausescu. Emigrer aux Etats-Unis.
Elle devient américaine et se fait appeler Hélène. Elle a rompu avec le passé, mais l'avenir n'est plus un rêve. hélène est maintenant confrontée à une réalité qui lui échappe : la maladie et la dépression de son mari ; l'indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une française malgré l'opposition de ses parents.
Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d'un sentiment de supériorité presque national, Hélène ne l'aime pas. Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur. Pourtant entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit  qui ressemble à de l'amour. 

Un Brillant Avenir, c'est d'abord le très beau portrait de deux femmes, Hélène et Marie, que seul leur amour pour Alexandru les réuni. Deux femmes, deux époques, deux histoires et pourtant des préoccupations si proches. 
Et, c'est aussi une histoire bien construite qui fait alterner la vie des deux femmes. Le modèle fait là encore ces preuves : dès les premières pages, il est difficile de poser le livre. Les quatre parties subtilement orchestrées - fille, amante, épouse et mère, veuve -, desservies par une écriture fluide et minimaliste,  prennent au piège le lecteur.

Mais, car il y a un mais,  le roman est truffé d'images caricaturales (les français, les italiens etc etc...) assez dérangeantes. Tous les personnages qui entourent les deux femmes ont, je trouve, été bâclés. De même que la construction de l'histoire apporte peu de surprises finalement. 

Un Brillant Avenir reste une lecture très agréable et divertissante. Je crois que j'en attendais trop. La faute au tapage médiatique !

Les avis plus enjoués de Cuné et Bookomaton

Un Brillant Avenir aux Editions Gallimard, 363 pages, 21 €. 

Ailleurs, Julia Leigh


Quelle claque ce livre ! Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose de pareil. L'histoire est réduite au minimum, épurée de toutes fioritures, pour justement parler du non-dit. 

Une jeune femme accompagnée de ses deux enfants franchit la porte d'un grand domaine, celui  de son enfance, pour y retrouver sa mère qu'elle a laissé sans nouvelles d'elle depuis douze ans. Dans la maison, elle retrouve son frère Marcus et sa femme Sophie, les gouvernantes et cuisinières. L'ambiance est tout de suite lourde, glaciale. Le silence assourdissant. Le décor est parfaitement planté. L'angoisse monte... 

Puis l'histoire prend une tournure dramatique, dérangeante quand on comprend que "le paquet" que ne quitte pas Sophie est le corps de l'enfant qu'elle vient de perdre pendant l'accouchement. S'en suivent 100 pages où toute la famille s'affaire autour d'elle pour lui faire accepter d'enterrer le cadavre. 100 pages au style parfait pour décrire la situation anxiogène que vit cette famille cloîtrée dans son silence depuis toujours. L'ambiance est unique. On frôle parfait l'absurde de Ionesco. Le livre éclate toutes les règles du genre. C'est particulier. C'est brillant. 

A lire les avis aussi très positifs de Sylvie, Cathé,  Papillon,  Lamousmé.

Ailleurs aux Editions Christian Bourgeois, 104 pages, 15 €.

Dope, Sara Gran


Quatrième de couverture : Joey devrait être morte. D’une overdose. D’une balle tirée par un flic. D’un rencontre sordide. Pourtant elle s’en est tirée. Aujourd’hui, elle essaie tant bien que mal de refaire sa vie. Aussi, saute-t-elle sur l’occasion lorsqu’un couple fortuné de Long Island lui propose de retrouver leur fille Nadine, jeune étudiante disparue après avoir sombré dans la drogue. La police a cessé les recherches, les détectives ont échoué. Joey, dont l’itinéraire est semblable à celui de leur fille, est leur dernier espoir. Voici donc Joey de retour sur les lieux de sa déchéance, dans les bas-fonds de Manhattan, parmi les junkies, les dealers, les prostituées et les bars de nuit, un monde qu’elle croyait avoir définitivement laissé derrière elle. Plus encore que ses anciennes fréquentations, c’est son propre passé qu’elle devra affronter pour retrouver Nadine. Et elle n’est pas au bout de ses surprises.

Au commencement une belle intrigue, bien menée, avec un rebondissement assez inattendu. Rien à dire de ce côté là. Mais le dénouement tombe comme un soufflet parce que trop évident. La fin n'est pas à la hauteur des premiers chapitres.
Et, le monde de la drogue new-yorkais que décrit ce livre est très très édulcoré. Beaucoup trop pour être réaliste. Certes, il traîne ça et là quelques prostituées prêtes à tout pour une dose. Et, c'est tout... Dommage. 
Par contre, bravo pour la photo de la couverture que l'on doit à David Waldorf.

des avis plus positifs : Bookomaton et Playback

Dope aux Editions Sonatine, 215 pages, 15 €.

Traces de la Compagnie des Sept Doigts de la Main


Si vous êtes sur Paris entre le 13 et le 31 décembre, il ne faut surtout pas manquer ce spectacle des arts de la scène à la Cigale. Incroyablement original, à mi-chemin entre le cirque moderne et la danse de rue, il fait un tabac aux quatre coins du monde. Il n'y a qu'à lire la critique du New York Times pour comprendre la qualité du show :

"Y a-il quelque chose qu'ils ne sachent faire? Telle est la question que l'on se pose en observant les artistes multi-talentueux de TRACES"

"[Les artistes] divertissent avec une performance énergique et divinement horlogée qui mêle danse et musique à l'acrobatie et au skateboard."

"Au bout d'un moment, au milieu des acclamations et applaudissements [...] une autre question nous vient : qui sont-ils?"

"TRACES [...] peut-être par moments menaçant et sensuel par ailleurs, intelligent, et drôle. Les 5 artistes [...] transmettent chaleur, joie et simplicité et nous invitent dans leur monde"

"Tout comme ses prouesses physiques, [...] TRACES [...] est un spectacle de premier ordre"


ou bien encore The telegraph (Edinburgh)

"Ils vont nous montrer ce que l'on peut faire avec des skateboards, un ballon de basket et un empilement de cinq anneaux -- faisant monter la tension à chaque fois. En guise de repos, ils jouent tour à tour du piano classique à la perfection. Ils doivent savoir à quel point ils sont exceptionnels -- et sinon, les standing ovations spontanées qu'ils reçoivent sauront le leur montrer"

Ne tardez pas à prendre vos places, ils ne sont là que 2 semaines...

Extrait :

La Ballade de Baby, Heather O'Neill


Quatrième de couverture : C'est l'histoire de Baby, une môme des villes qui grandit trop vite et comme elle peut dans un environnement hostile et solitaire. Il y a bien Jules, son père intermittent, trop gamin pour lui assurer la stabilité d'un foyer et trop junky pour la protéger des dangers du dehors. A chaque rechute, ils déménagent, d'hôtels borgnes en appartements miteux, dans les quartiers les plus sombres de Montréal. Alors quand la lumière s'éteint, Baby essaie de s'inventer. Mais c'est dur dans la rue d'éviter les pièges pour une gamine de douze ans parce que "les autres essaient sans cesse de vous arracher à l'enfance à coups de pied". Volontaire et résistante, Baby ne veut surtout pas passer de l'autre coté, pourtant, en toute innocence, elle va se laisser aspirer vers des expériences de plus en plus extrêmes. "La ballade de Baby" est une méditation sensible sur le royaume de l'enfance, le pouvoir de l'esprit et la art de liberté que chacun porte en soi.

Je sais que ce billet va en faire bondir plus une (je pense à celles qui font aussi partie du jury Elle)... J'ai vraiment pas aimé "la Ballade de Baby"... Voilà, c'est dit. Je ne l'ai même pas terminé. Ci-dessous le commentaire que j'ai envoyé à Elle (j'ai toujours beaucoup de mal à parler des livres que je n'ai pas aimé) :

"Pour être franche, j’ai capitulé à mi-parcours. Il n’y a rien à dire sur la forme. L’écriture est belle (mais pas extraordinaire non plus). Mais les mésaventures de la petite Baby m’ont laissée de marbre. Le personnage est trop grossièrement caricaturé pour me passionner et me toucher. Baby ne dégage pas d'émotions. Comme le livre."

Parce qu'il serait dommage de s'arrêter à mon opinion, je vous encourage à lire les billets d'Antigone, d'Enna, d'Annie et d'Emmyne qui ont toutes adoré ce livre. A croire qu'on a pas lu le même. Je commence à me dire que je détraque... Disons que si vous me dites toutes que vous avez détesté "Les déferlantes", je suis définitivement perdue...


La ballade de Baby aux éditions 10/18, 380 pages, 13€.

Courir, Jean Echenoz



Pas la peine d'être coureur de fond pour apprécier "Courir". Pas la peine non plus de savoir qu'Emil Zapotek, surnomé "la locomotive" a marqué cette discipline dans les années 50. Des records hors normes, un style à part, une aisance insultante pour ses adversaires : c'était tout ça Zapotek. 
Dans cette biographie romancée, Jean Echenoz s'attache à l'homme uniquement ne retenant que les détails et anecdotes qui ont faits de lui une machine à courir. Pas de dates, pas de de chronos. Juste l'homme. Personnage surprenant qui, au départ, n'aime pas particulièrement courir. Il déteste même le sport. Et, arrive une première course. Il est repéré. Et l'histoire mondialement connu du coureur commence... L'homme découvre son corps en s'écoutant tout en apprenant un certain goût pour l'effort.  

Le portrait se dessine tout en finesse. Il coule comme la foulée de Zapotek. Humble et sincère, il devient le maître du monde de la piste à une époque où justement en Tchécoslovaquie, on avait besoin de héros comme lui. Un héros improbable qui grimace à l'idée de courir, qui grimace pendant les épreuves et que l'âge et la politique vont rattraper au pas de course.

Portrait bouleversant d'un homme-machine dans lequel Jean Echenoz a du se voir. Au fil de pages, l'admiration de l'écrivain pour son sujet devient de plus en flagrante. Je ne peux m'empêcher de penser qu'Echenoz s'identifie complètement à lui. C'est l'angoisse de l'écrivain qui cherche du style, qui cours après les mots, course qui peut devenir une véritable souffrance. 

Amanda a aussi beaucoup apprécié : ici.


Courir aux Editions de Minuit, 140 pages, 13.50€

Val d'Isère hier...


La photo qui fait mal...

D'autres très belles photos de mon p'tit frère montagnard ici

Merci...

Et en plus il est craquant.

En travaux


Je suis en pleine mutation...

Je me change pour cet hiver....

A l'occasion, dites-moi ce que vous en pensez.

Zulu, Caryl Férey

 
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cap Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. 
Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds...Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...

La lecture de ce livre est bouleversante, terrifiante. Comment rester indifférente face à ce déferlement de violence qui colle, malheureusement, trop bien à la réalité de ce pays? Impossible. La cruauté et la rage, au coeur du livre, accompagnent le quotidien de ces africains que l'histoire n'a pas épargnés. Plus qu'un polar, Zulu est le témoignage d'un drame social et politique servi par des personnages forts et une écriture fluide et poignante. Un très bon livre qui vous poursuit quelques jours encore après sa lecture. 

L'avis d'Annie, toute retournée aussi. De même que Clochette. et Amanda.
Antigone est, quant elle, moins emballée.

Zulu aux Editions Gallimard, 390 pages, 19.50€


Voilà un livre pour le moins étonnant et ingénieux. Un livre qui peut se targuer d'avoir su raconter une terrible mais réelle affaire criminelle à la mode d'Agatha Christie. Kate Summerscale a évité tous les travers de l'exercice comme la simple énumération uniquement chronologique des faits. "L'affaire Road Hill House", c'est beaucoup plus que ça. 

Les faits remontent aux années 1860 dans l'Angleterre victorienne, et plus précisément au sein de la classe moyenne anglaise. Un matin le petit garçon  Saville Kent, 3 ans, a disparu. Il est retrouvé plus tard dans la journée sauvagement assassiné dans les latrines de sa maison. Une seule évidence : le meurtrier fait partie de l'entourage proche voire du village. Un véritable huit-clos s'installe. 

Commence alors une passionnante enquête très bien rythmée et vite prenante. Mais, plus qu'enquête criminelle, Kate Summerscale livre une brillante étude de cette société bourgeoise anglaise.
Et toute l'originalité du livre, tient au fait que l'auteur montre que cette affaire serait l'événement matriciel à la naissance du légendaire enquêteur, intuitif et toujours seul, de Scotland Yard  mais aussi, et surtout, à la naissance du genre polar. Captivant...

L'affaire Road Hill House aux Editions Christian Bourgeois, 500 pages , 25€.

Grand Prix des lectrices Elle 2009, Sélection novembre 2008


La nouvelle sélection vient d'arriver. A ma grande joie, on y trouve "Les déferlantes" de Claudie Gallay. Une de mes plus belles lectures ces derniers mois (le billet est ici). Cela va me laisser un peu de temps pour piocher quelques titres dans ma PAL qui monte, monte, monte....

Dans la catégorie Roman : 

Les Déferlantes de Claudie Gallay 

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout de monde en point du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Come Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien du phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. l'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à faire.

Dans la catégorie Récit : 

L'ange de Grozny de Asne Seierstad

Asne Seierstad a commencé sa carrière comme correspondante à Moscou, en couvrant le conflit tchétchène. Elle y est retournée dix ans plus tard et s’est rendu compte qu’en dépit du désintérêt de l’opinion publique, la tragédie continuait. Une tragédie qui a tué entre 10 et 15 pour cent de la population et qui a laissé dans son sillage une société défigurée et un prix à payer particulièrement lourd pour ses enfants.
L’auteur mêle ici la violente histoire du Caucase et la lutte menée par les militants pour la liberté au récit des voyages qu’elle a entrepris dans le plus grand secret ces deux dernières années. Une exploration unique de ce qu’est la vie dans une des régions les plus dangereuses et les plus politisées au monde.

« J’avais une vingtaine d’années lorsque j’ai couvert la guerre en Tchétchénie, en 1995 et 1996, et encore aujourd’hui, je l’ai dans la peau. Pour la première fois, je rencontrais la mort et je comprenais ce que signifiaient la peur, la souffrance. […] Il y a deux ans, je me suis dit qu’il était temps d’y retourner. Revenir en Tchétchénie après une dizaine d’années d’absence fut une expérience éprouvante. Etre témoin de ce que la guerre a infligé à la population, rencontrer des enfants qui ont perdu leurs parents, des parents qui ont perdu leurs enfants, voir à quel point la société avait été brutalisée. J’ai rencontré un garçon qui vit dans les ruines ; il m’a raconté pourquoi il ne pouvait contrôler la violence de ses émotions : “Je suis mauvais, tout en moi est mauvais. Je n’ai qu’une envie : tuer et détruire. […]” Dans mon livre, je ne dénombre pas les victimes car il est impossible de dénombrer les cœurs endurcis, les enfances brisées. Je ne compte pas, je raconte. » Asne Seierstad.

Dans la catégorie Polar : 

Dope de Sara Gran

Joey devrait être morte. D’une overdose. D’une balle tirée par un flic. D’un rencontre sordide. Pourtant elle s’en est tirée. Aujourd’hui, elle essaie tant bien que mal de refaire sa vie. Aussi, saute-t-elle sur l’occasion lorsqu’un couple fortuné de Long Island lui propose de retrouver leur fille Nadine, jeune étudiante disparue après avoir sombré dans la drogue. La police a cessé les recherches, les détectives ont échoué. Joey, dont l’itinéraire est semblable à celui de leur fille, est leur dernier espoir. Voici donc Joey de retour sur les lieux de sa déchéance, dans les bas-fonds de Manhattan, parmi les junkies, les dealers, les prostituées et les bars de nuit, un monde qu’elle croyait avoir définitivement laissé derrière elle. Plus encore que ses anciennes fréquentations, c’est son propre passé qu’elle devra affronter pour retrouver Nadine. Et elle n’est pas au bout de ses surprises.

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