Quatrième de couverture : Issa, jeune musulman russe affamé, arrive clandestinement à Hambourg en pleine nuit, avec autour du cou une bourse renfermant une somme substantielle d'argent liquide et les reliques d'un passé mystérieux.
Annabel, jeune avocate idéaliste travaillant pour une association d'aide aux immigrés, se jure de sauver Issa de l'expulsion, au point de faire passer la survie de son client avant sa propre carrière. Tommy Brue, patron sexagénaire d'une banque anglaise en perdition sise à Hambourg, détient les clefs de l'héritage interlope du père d'Issa.
Ces trois âmes innocentes forment un triangle amoureux désespéré, sur lequel vont fondre les espions des trois nations différentes, tous résolus à marquer des points pour leur camp dans la guerre avouée contre le terrorisme et la guerre inavouable entre leurs services respectifs...
Cela faisait des mois et des mois que je voulais faire mon baptême John Le Carré. J'ai beaucoup aimé le film "La constance du jardinier". Et, je ne cesse entendre parler de lui. Donc deux bonnes rasions pour me lancer dans la lecture du dernier sorti : "Un homme très recherché". Je sens que je vais encore m'attirer les foudres de certains fans mais, j'ai vraiment pas accroché du tout. J'ai capitulé une centaine de pages avant la fin. Voilà, c'est dit !
J'ai d'abord eu tout simplement des difficultés à lire à cause notamment de phrases à rallonge, interminables, que j'ai du relire plusieurs fois. Ensuite je n'ai réussi à saisir tous les problèmes et enjeux de la demande d'asile d'Issa. Il me semble qu'il faut être plutôt averti en matière d'espionnage pour bien cerner l'intrigue. Non?
Comme je ne baisse pas si facilement les bras devant un auteur, je lance un appel aux fans de l'auteur : quel titre me conseillez-vous?
Un homme très recherché aux éditions Seuil, 358 pages, 22 €.
Sur la plage de Chesil, Ian McEwan
Publié par Anna Blume Libellés : Genre : Roman anglais, ♥♥♥♥Coup de coeur Florence et Edward sont éperdument amoureux. Ils se sont mariés le jour même. Comme très souvent dans cette Angleterre d'avant la révolution sexuelle, ils sont vierges. Ce soir, ils vont de voir franchir le pas... découvrir leur nudité et s'abandonner l'un à l'autre. Les heures passent avec les pages, et l'angoisse monte :
"Florence soupçonnait qu'il y avait quelques chose de profondément anormal, que depuis toujours elle n'était pas comme les autres, et qu'elle allait être enfin perçée à jour. Son problème, se disait-elle, dépassait de loin le simple dégoût physique ; tout son être se révoltait à l'idée de la nudité, des corps enchevêtrés ; on était sur le point de voler sa quiétude et son bonheur essentiel."
La plage de Chesil, juste en bas de leur hôtel, va devenir un échappatoire à cette nuit de noce et devenir le théâtre de la tragédie de leur couple qui bascule dans le néant en quelques secondes. Ian McEwan explore très finement l'intime et l'angoisse de deux personnes que la pression morale et sociale de l'époque a complètement bridé. Leur amour si pur (et si chaste) ne suffit pas. S'aimer ne suffit pas...
Le texte est fort, touchant et parfois dérangeant. La justesse du ton indéniable. Un petit bijou.
Sur la plage de Chesil aux éditions Gallimard, 150 pages, 17€

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Un gros gros merci à Clochette pour m'avoir citée dans la liste de ses blogs préférés. Comme le veux la règle de ce prix, je dois à présent vous donner mes 7 blogs favoris. Le choix est cornélien vu le nombre de blogs que je visite chaque semaine...
- Ménilmontant & Co de Faustine : Très beau visuel. Des billets toujours très sympa sur Paris, et sur des tas d'autres sujets. Et, je suis d'autant plus sensible à ses émois qu'on est voisines et que nous somme toutes les deux originaires de Provence.
- Amanda Meyre, Lecture Théâtre et autres plaisirs : Nous sommes toutes les deux jury du Prix des lectrices Elle. Très bon choix de lecture. J'adore lire ses billets. On est pas toujours d'accord, et ça j'aime bien !
- Antigone, Un jour je serai grande : Découverte il y a peu. Des billets originaux. Il y est question de lecture, de peinture, de cinéma...
- Quoi de 9 Cécile? : De l'humour, de l'espièglerie, des livres... Souvent de très belles photos. Et en plus, le blog a un beau visuel.
- Cunéipage : Evidemment... Tout le monde la connaît. Et surtout, elle m'a fait découvrir Richard Powers et ça, ça n'a pas de prix !
- Miss Blabla, JF in the city : Sourire assuré. A chaque fois, je rigole. En plus, que des belles photos.
- La conjuration des livres : Superbe blog. Lectures toujours très intéressantes. Elle ne mâche pas ses mots. Je suis fan.
De manière générale, tous mes coups de coeur sont les blogs cités dans la colonne, à gauche, là, juste à coté, ⬅ , un peu plus bas :-))
A vous !
- mettre le logo et les règles sur votre blog
- mettre le lien de la personne qui vous a attribué ce prix
- désigner 7 de vos blogs préférés
- les prévenir que vous leur avez attribué ce prix.
La guerre du Liban des années 80 fait rage à Beyrouth. La ville, divisée en deux, n'est plus que l'ombre d'elle même. Les bombes la tuent à petit feu et terrent les habitants tels des rats dans des abris de fortune. Une sorte de chaos où seule règne la loi du plus fort.
"La chaleur tombait du ciel, les bombes pleuvaient et les voyous coupaient les longues file d'attente devant les boulangeries, arrachaient la nourriture des mains des faibles, menaçaient le boulanger et pelotaient sa fille. Les voyous ne font jamais la queue."
Dans cet enfer, Bassam essaie de tuer leur ennui et d'oublier la cruauté qui l'entoure. Mais est il vraiment possible d'oublier la mort et la faim en temps de guerre? Non. Une seule solution pour lui : partir, fuir cet enfer et aller à Rome, Paris ou New-York. Et pourtant, même si loin, Bassam garde la guerre dans les pores de sa peau. On se défait pas comme ça de la sauvagerie humaine. Elle reste cachée dans un coin de la tête et dicte chacune de ses pensées, chacun de ses mouvements.
La sauvagerie transpire dans les mots de Rawi Hage. Les phrases sont dures. Les mots violents. Les personnages parfois inhumains. Les coeurs sont anesthésiés. Les hommes ne sont plus Homme. Le chien, l'ami fidèle, grogne. C'est la guerre...
Superbe roman qui coupe le souffle de Beyrouth à Paris en passant par Marseille. L'écriture colle admirablement à la guerre. Elle n'épargne rien. Un roman de toutes les guerres et de toutes les colères.

De Niro's Game aux éditions Denöel, 270 pages, 20€
Grand Prix des lectrices Elle 2009, Sélection octobre 2008
Publié par Anna Blume Libellés : Grand Prix ELLE 2009Ca y est, ils sont arrivés. La sélection est, je trouve, plutôt alléchante ce mois-ci.
Dans la catégorie Roman :
"La ballade de Baby" de Heather O'Neill.
Quatrième de couverture : C'est l'histoire de Baby, une môme des villes qui grandit trop vite et comme elle peut dans un environnement hostile et solitaire. Il y a bien Jules, son père intermittent, trop gamin pour lui assurer la stabilité d'un foyer et trop junky pour la protéger des dangers du dehors. A chaque rechute, ils déménagent, d'hôtels borgnes en appartements miteux, dans les quartiers les plus sombres de Montréal. Alors quand la lumière s'éteint, Baby essaie de s'inventer. Mais c'est dur dans la rue d'éviter les pièges pour une gamine de douze ans parce que "les autres essaient sans cesse de vous arracher à l'enfance à coups de pied". Volontaire et résistante, Baby ne veut surtout pas passer de l'autre coté, pourtant, en toute innocence, elle va se laisser aspirer vers des expériences de plus en plus extrêmes. "La ballade de Baby" est une méditation sensible sur le royaume de l'enfance, le pouvoir de l'esprit et la art de liberté que chacun porte en soi. Dans la catégorie Récit :
"L'affaire de Road Hill House" de Kate Summerscale.
Quatrième de couverture : Au lendemain d'une nuit pourtant bien calme, Saville Kent, trois ans, disparaît. Sous le choc, les habitants de cette grande demeure du Wilthshire doivent faire face à deux évidences : l'enfant a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux.
Aussitôt les rumeurs vont bon train. La presse, alors en plein essor, s'en fait un large écho. L'ensemble de la nation se passionne pour l'affaire. L'enquête piétine jusqu'à ce que Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, prenne les choses en main.
Dans la catégorie Polar :
"Zulu" de Caryl Férey
Quatrième de couverture : Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cap Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.
Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds...Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...
Comme Jules, Bladelore, Soie, Bookomaton et Kathel je me suis aussi prêtée à l'exercice à savoir raconter ou suggérer une histoire avec des titres de nos livres. Le résultat est plutôt étrange. Je vous l'accorde, ma phrase n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus comique, mais la faire m'a bien fait rire !
Loin de Chandigarth
Je pensais que mon père était Dieu
Quelqu'un d'autre
Le Roi des Aulnes
Dans la main du diable
Et mon coeur transparent
Blanc comme neige
Je pense à autre chose
Jusqu'à ce que mort s'ensuive
Dans les bois éternels
Bonjour tristesse !
A vous !
Les déferlantes, Claudie Gallay
Publié par Anna Blume Libellés : Genre : Roman français, ♥♥♥♥♥Merveille"Les déferlantes", c'est 500 pages de pur bonheur. 500 pages au bout du monde en pointe du Cotentin, près de la Hague, où la mer et la terre se disputent à coup de tempête et de marées. Un décor brut et hostile. Minimaliste. Et pourtant la plume de Claudie Gallay le rend poétique et chaleureux :
"Je ne savais plus si c'était la pluie qui venait cingler les vitres ou si c'étaient les vagues qui montaient jusque-là. Ca me donnait la nausée. Je restais, les cils contre les carreaux, mon haleine brûlante. Je m'accrochais aux murs.
Sous la violence, les vagues noires s'emmêlaient comme des corps. C'étaient des murs d'eau qui étaient charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s'écrasaient contre les rochers et venaient s'effondrer sous mes fenêtres.
Ces vagues, les déferlantes.
Je les ai aimées.
Elles m'ont fait peur."
La tourmente des éléments se mêle à la tourmente des âmes. Il y a d'abord la narratrice, ornithologue qui compte les oiseaux pour oublier une douleur, un amour amputé par la mort. Elle vit avec un couple de jumeaux, Raphaël et Morgane. Lui est sculpteur, elle une petite fofolle qui rêve de "monter" à la capitale.
Il y a aussi Théo, ancien gardien du phare, qui aimé en secret toute sa vie durant Nan, la folle du village. La fille de Théo, c'est Lili, tenancière du bar du village, qui voit défiler la vie des uns et des autres à son comptoir.
Et il y a Lambert, arrivé depuis quelques jours. Il a grandi ici mais la mer lui a pris ses parents et son jeune frère Michel il y a plus de trente ans. Le village a un secret, une histoire où tous ont un rôle.
Magistralement, Claudie Gallay nous plonge dans l'intime de ces personnages, tous profondément attachants avec leurs meurtrissures, leurs doutes et leurs erreurs. Chaque page est un flot d'émotions, une vague de poésie. Une ode à la mer et à ces hommes pas comme les autres qui vivent face à elle. En tournant la dernière page, j'aurais aimé pouvoir les serrer dans mes bras. J'avais aussi très envie de voir la mer.
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