"Où on va, papa?", c'est la question que pose sans cesse un des fils handicapés moteurs et mentaux de Jean-Louis Fournier en voiture. Il a beau répondre, Thomas répète la question une fois, deux fois, dix fois.... vingt fois. Parce qu'il garde le sens de l'humour, il dit que son fils est le roi du running gag.
"Où on va, papa?", se lit en une petite heure. Une heure d'intense émotion, je vous l'assure. On passe du rire aux larmes à chaque page. C'est juste une sublime déclaration d'amour d'un père à ses enfants pas comme les autres que la société étiquette trop vite.
Extrait :
"Quand je me promène avec mes deux garçons, j'ai l'impression d'avoir au bout des bras des marionnettes ou des poupées de chiffon. Ils sont légers, ils ont des petits os fragiles, ils ne grandissent pas, ils ne grossissent pas, à quatorze ans ils en paraissent sept, ce sont des petits lutins. Ils ne s'expriment pas en français, ils parlent le lutin, ou bien ils miaulent, ils rugissent, ils aboient, ils piaillent, ils caquettent, ils jacassent, ils couinent, ils grincent. Je ne les comprend pas toujours.
Qu'est ce qu'il y a dans la tête de mes lutins? Il n'y a pas de plomb. En dehors de la paille, il ne doit pas y avoir grand chose, au mieux une cervelle d'oiseau....
Récemment, j'ai eu une grande émotion. Mathieu était plongé dans la lecture d'un livre. Je me suis approché, tout ému.
Il tenait le livre à l'envers."
Au début, on a le rire "coincé" tant le ton est inattendu. Puis, très vite, on comprend que le rire, c'est ce qui a sauvé cette famille sinon "elle serait un lac de larmes". L'humour, plus efficace que le Prozac.
Le ton est juste, touchant. Jamais de misérabilisme. Les mots sont simples, troublants mais jamais dérangeants. Une réussite.
Où on va, papa? aux Editions Stock, 150 pages, 15 €.


5 commentaires:
Je lirai ce livre quand je me sentirai bien prête à aborder un thème aussi douloureux.
Oh je veux le lire celui ci mais il est très demandé, je vais le réserver. Mais il faut s'attendre à être secoué, n'est ce pas?
Bien tentée par celui-ci aussi.
je retrouve dans l'extrait que tu cites le ton de l'auteur en interview... L'humour est la politesse du désespoir dit-on.
Keisha : oui on est peu secoué mais on rigole beaucoup aussi. ET comme je l'écris, il n'y a pas de misérabilisme. Donc il ne faut pas hésiter.
Cécile : exact, belle citation. c'est exactement cela.
Aifelle : Tu devrais te lancer. Tu rigoleras aussi beaucoup.
Enregistrer un commentaire