Lu dans le cadre de la sélection du Prix des Lectrices Elle 2009
Quatrième de couverture : "Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses mais, moi. Il nous avait trahis. chaque matin. Chaque soir..."
Mon commentaire : Sorj Chalandon, journaliste à Libération, c'est de toute évidence Antoine, un luthier parisien tombé amoureux fou de l'Irlande du Nord et du combat que mènent les catholiques face aux protestants depuis de nombreuses années.
Son traître, c'est Tyron Muhan alias Denis Donaldson, leader charismatique de l'IRA et du Sin Fein. En 2005, les services secrets britanniques révèlent qu'il a été leur informateur pendant 20 ans. Cette trahison, il en a fait SA trahison tant il considérait Denis/Tyron comme son frère.
« Mon traître », est une catharsis pour Sorj Chalandon. C'est le roman d'un homme profondément meurtri qui ne peut raconter sa blessure qu'au travers de la fiction. Tout en délicatesse, au fil des pages, il nous plonge dans l'intime : l'intime de sa blessure loin d'être cicatrisée, et, l'intime de son Irlande. Il a cette incroyable faculté de faire entendre la bière qui coule dans le pub, d'emmener le lecteur dans la rue manifester avec les catholiques. L'Irlande qu'il aime transpire dans chacune de ses pages, une Irlande belle, courageuse et chaleureuse.
Sorj Chaladon sait frapper juste et fort avec peu de mots. Pour exemple, la première phrase complètement déroutante : « La première fois que j'ai vu mon traitre, il m'a appris à pisser. » Comment ne pas faire assimiler son traître et lui avec un père et son fils? Et que dire du titre aussi : « Mon traître »? A lui seul, il mériterait des pages entières de commentaires.

2 commentaires:
Sorj Chalandon a mis à profit son expérience de journaliste qui couvrait dans les années 80 les évènements en Irlande du nord. Il nous transporte, là ou la musique et les chants unissent tout un peuple. Un peuple pour qui le mot lutte n’est pas un vain mot.
il finira probablement en tête du palmarès de mes lectures 2008.
Oui, pour moi aussi ce livre fait partie de ceux que je ne suis pas prête d'oublier
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