Lu dans le cadre de la sélection du Prix des Lectrices Elle 2009
Quatrième de couverture : "Sierra Leone, années 90. Il s'appelle Ishmael Beah. Hier encore, c'était un enfant qui jouait à la guerre. Désormais, il la fait. Un jour de 1993, sa vie bascule brusquement dans le chaos. Ishmael a douze ans lorsqu'il quitte son village pour participer dans la ville voisine à un spectacle de jeunes talents.
Après des mois d'errance dans un pays ravagé par la guerre, il tombe avec ses compagnons aux mains de l'armée..."
Mon commentaire : Le chemin d'Ishmaël est celui d'un enfant qui après avoir perdu sa famille, et erré pendant des mois seul dans la forêt sierra-léonaise, croise celui de l'armée. Elle en fait un tueur, dénué de toute sensibilité face à la souffrance et à la mort.
Alors que le fond du récit est particulièrement douloureux et touchant, l'écriture est plutôt très froide. L'auteur raconte sa vie comme on écrit un bulletin météorologique. Il est trop dans les faits et rarement dans le ressenti. Je suis restée sur ma faim tant il aborde si peu son cheminement intellectuel et affectif tout au long de ces années. Mais, peut-être que cette absence est révélatrice d'une douleur très profonde que l'auteur a encore du mal à coucher sur papier. Finalement, il a encore beaucoup de chemin à parcourir…

3 commentaires:
J'ai eu le même ressenti, je viens de le terminer...trop de détachement qui empêche l'émotion...
Il est à la médiathèque, le sujet m'intéresse . Je le lirai sans doute comme "témoignage". As tu lu "Allah n'est pas obligé" de Amadou Kourouma?
Des événements similaires (au Liberia) y sont relatés, mais le style est particulier. L'auteur est malheureusement décédé avant de terminer d'écrire sur les événements assez récents de Cote d'Ivoire.
Ce détachement 'clinique' m'est apparu comme la marque de l'effroyable travail de sape effectué sur cette victime par les événements et les individus rencontrés.
A cet égard les mots de Saidu, fuyant avec les autres gamins, sont éloquents : ..."Même si je suis encore en vie, je sens qu'une partie de moi meurt chaque fois que j'accepte la mort. Bientôt je mourrai totalement et il ne restera que mon corps vide marchant près de vous. Il sera plus silencieux que moi."
Tout simplement terrible ! Et compréhensible, car trop de choses invivables tuent les émotions et le ressenti.
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