"Cet appel-là, Adam Ouria l'attendait depuis vingt-cinq ans. Il en avait dix quand sa mère l'avait abandonné sans la moindre explication, sans un mot. Bohème, fantasque, incapable de se fixer quelque part, elle ne devait jamais donner de nouvelles.
Depuis, devenu médecin généraliste dans une grande ville israélienne, il porte en lui une part de peur et d'angoisse qu'il ne peut ni extirper ni partager avec quiconque. Un soir, il y a ce coup de téléphone... Pendant trois jours, chaque pensée, chaque geste, chaque rencontre va prendre pour Adam une résonance particulière..."
Pour être très franche : je suis très partagée sur ce livre. Difficile d'avoir un avis tranché. En le lisant, je n'ai cessé de passer de l'enthousiasme à l'ennui, du remarquable au singulier.
L'écriture de Mira Maguen est brillante. Ca, c'est indéniable. Elle emmene le lecteur derrière une caméra qui enchaîne plans séquence et gros plans. Certain passages n'ont pas été sans me rappeler les caméras très esthétiques de David Lynch ou Tarantino où chaque petit détail prend une importance insoupçonnable pour crever l'écran et plonger le spectateur dans l'infiniment petit. D'ailleurs, le personnage principal, Adam, est un médecin qui rêvait d'être réalisateur. Cela donne des passages juste splendides :
"Si j'étais réalisateur, j'aurais placé mon objectif à hauteur de sa jambe en mouvement, je me serais focalisé sur sa partie de mollet entre la blouse blanche et la chaussure, je me serais attaché sur la cheville féminine, le talon déterminé, le pied qui ne rebrousse pas chemin, qui ne ralentit jamais, sur ses pas vigoureux qui composent la démarche de quelqu'un dont toute la vie est encore devant. Et, en contraste, j'aurais tourné mon objectif vers des jambes dont la démarche était celle de quelqu'un pour qui chaque minute de vie relève du miracle."
Mais, malheureusement, le livre manque beaucoup de rythme. L'écrivain s'étale dans des longueurs qui n'apportent pas grand chose si ce n'est de l'ennui. C'est vraiment dommage car, je le répète, l'écriture est belle et esthétique.
Des papillons sous la pluie aux éditions Mercvre de France, 420 pages, 25€


9 commentaires:
Et bien moi je suis plutôt de ton avis! Il y a de très belles images dans ce roman , un très beau portrait d'une grand mère forte et une relation entre le petit garçon devenu homme et cette grand-mère diminuée qui est très bien rendue.Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé ça long (et pourtant ce n'est pas un pavé!!)Avec moins de longueurs ça aurait pu être un très beau petit roman.
Ce n'est pas un gros coup de coeur pour moi mais pour l'instant le meilleur que j'ai lu dans la catégorie roman... Il faut dire que j'aime parfois les longueurs quand elles sont aussi joliment écrites ! ;o)
Enna : tu as raison, un peu (beaucoup) trop long
Antigone : il est vrai qu'au départ j'ai apprécié ces descriptions sans fin mais elles sont trop nombreuses, non?
pour ma part, je partage davantage l'avis d'antigone : j'ai bcp aimé, et, ds la sélection d'octobre, je n'ai pas été surprise qu'il soit choisi ;) les longueurs sont l'image du personnage, elles reflètent ses hésitations, ses doutes... du moins, c'est ce que j'ai pensé :)
Aussi tout à fait d'accord avec toi : les longueurs m'ont aussi gachée cette lecture, pourtant très belle.
Je retiens les longueurs et pourtant,aujourd'hui, avec un peu de recul, parmi tous les romans reçus pour ce prix, il est mon préféré pour les raisons que j'ai données mais j'avoue attendre le grand coup de coeur comme avec "Le château de verre"...
Je suis contente de découvrir tes billets sur les lectures de Elle, eh bien moi j'ai bcp aimé, mais je ne t'en dis pas plus car mon billet paraîtra sur mon blog la semaine prochaine.
j'ai beaucoup aimé le personnage de la grand-mère et je suis un peu d'accord avec Amanda, les longueurs sont à l'image du personnage.
Je n'ai peiné sur aucun des livres des sélections mais je n'ai pas non plus trouvé d'ouvrage vraiment exceptionnel.Aussi j'ai un peu de mal à noter sur 20.
Je viens de finir de relire ce roman .Avec 4 mois d'espace entre les deux lectures.Un bonheur de chaque instant.Mira Maguen m'a totalement conquis.A propos des "longueurs" dont certains se plaignent,je pense qu'ils sont là pour nous tenir en haleine,pour nous plonger dans cette ambiance d'attente insupportable pour Adam.
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