Les jardins de la mort, George Pelecanos


Enfin un bon polar. Un vrai. Pas un de ceux qu’on voit trop en tête de gondole où seuls les titres les différencient tant ils ressassent tous la même histoire avec les mêmes super-flic-super-héros-un-peu-torturé-quand-même qui ont un brin de lucidité au dernier chapitre pour résoudre le crime du premier (chapitre). Happy End.

Avec Pelecanos, fini l’inspecteur Gadget sur l’ile aux enfants. On s’enfonce dans Washington D.C, pas le Washington de la Maison Blanche et des cols blancs, non, le sud-est de la ville, le Washington des records de criminalité où il est aussi facile d’acheter une cannette de Coca-Cola qu’un flingue ou une dose de cam, où les Noirs et les Blancs cohabitent difficilement et où les gamins trainent plus dans la rue que dans les écoles quand ils ne sont pas tués pas balle avant 15 ans. 

Les personnages sont de Pelecanos sont d’une banalité déconcertante. Gus Ramone, un bon flic, pas un petit shérif, essaie dans la mesure du possible de ne pas se faire « bouffer » par le boulot, juste de le faire correctement, honnêtement. Avant d’être un bon flic, il essaie surtout d’être un bon père et un bon mari. Alors quand on découvre un matin le corps d’un copain de son fils, mort par balle, dans un jardin communautaire, c’est autant le flic que le père qui agit. Mais j’ai pas envie d’en dire plus sur l’enquête tant elle est presque secondaire chez Pelecanos. L’intérêt est ailleurs. Il n’est pas un faiseur d’intrigues. 

Ces romans sont avant tout des véritables fresques de la société américaine. Il y a le Los Angeles de James Ellroy, le Boston de Dennis Lehane et le Washington de Pelecanos. La ville et ses petites gens sont les véritables personnages principaux. Pas les morts. Chaque rue est citée, chaque personnage dévisagé, chaque bar a sa musique (Pelecanos est un fan de soul et de funk des années 70). Un quotidien banal pour dessiner le cloaque de la ville. 

Voilà pourquoi Pelecanos est un très grand écrivain. Pas un écrivain de roman policier de gare. Pas de happy end ici. Pas de super héros médaillé. Juste la décrépitude d’une société en mal de vivre et en manque de repères.

Il faut lire ce livre. Il faut lire une fois un roman de George Pelecanos. Celui-ci ou « Suave comme l’éternité », "Blanc comme neige", « Soul Circus »…

"Les jardins de la mort" chez Seuil Policiers, 370 pages, 22€ 

5 commentaires:

kathel a dit…

Voilà un auteur que j'ai vraiment envie de lire ! Je crois avoir fait une tentative il y a longtemps, et je n'avais pas accroché...
Je vais réessayer, c'est sûr !

Anonyme a dit…

Bien d'accord avec toi...

Pas lu encore ce Pelecanos, je le rajoute a ma longue liste .... de plus en plus longue grace a toi ...

berengere

bambi_slaughter a dit…

Je n'ai jamais lu cet auteur mais ta critique me donne envie de le découvrir.

bambi_slaughter a dit…

Je n'ai jamais lu cet auteur mais ta critique me donne envie de le découvrir.

Anna Blume a dit…

@Bambi-slaughter : je te le conseille vivement !!

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