Enfin le voilà ! C'est le jour de sa sortie : je cours à la Fnac entre deux rendez-vous. Le trouve en tête de gondole évidemment. Le range précieusement dans mon sac et compte les heures jusqu'au moment où je vais pouvoir m'asseoir dans l'avion pour lire. "VMC aux portes, Armez le toboggan, Vérification porte opposée". Décollage. Découvre enfin les premières lignes de La Consolante.
Il faut dire que cela presque 4 ans qu'il était attendu ce bouquin. 4 ans depuis le merveilleux "Ensemble, c'est tout" (vendu à plus de 2 millions d'exemplaires).
Voici Charles, bientôt la cinquantaine, architecte, parce qu"il aime bien comprendre comment les édifices tiennent debout". Il vit laborieusement avec une femme élégante et mondaine dans un appartement digne de Elle Déco. Elève sa fille, Mathilde, une adolescente caustique et touchante mais qui comme sa mère l'aime un peu plus quand il compose son code de carte bleue. Les voyages répétés aux quatre coins du monde l'usent ; ne supporte plus les décalages horaires. Se poser à Paris ? non, surement pas. Il fuit sa vie avec cette femme parfaite, trop belle pour lui, dans son appartement parfait, trop grand pour lui.
La famille? pas mieux : "Le petit banquet. Le dîner du samedi soir chez des gens bien élevés où tout le monde joue sa partition avec vaillance. Le service du mariage, les affreux porte-couteaux en forme de basset, le verre qui tombe,..., les débats sur les débats télévisés, les trente-cinq heures, la France qui fout le camp, les impôts que l'on paie et le radar qu'on avait pas vu venir, le méchant qui dit que les arabes font trop d'enfants et la gentille qui dit qu'il ne faut pas généraliser, la maîtresse de maison qui assure que c'est trop cuit pour le plaisir d'être contredite et le patriarche qui s'inquiète de la température du vin. Allez... Je vous épargne tout ça. Vous les connaissez par coeur, ces parenthèses chaleureuses et toujours un peu déprimantes que l'on appelle la famille et qui vous remémorent de temps à autre comme il est court le chemin parcouru..."
Et puis un jour une lettre et quelques mots qui font tout basculer. Anouk est morte. Elle était la mère d'Alexis, son meilleur ami d'enfance. Les souvenirs de sa jeunesse oubliée lui reviennent en pleine figure, tel un boomerang.
Anouk, il l'a aimée. Elle était tout ce que n'est pas sa femme. Libre, entière, imprévisible, elle "se comportait comme une enfant souvent. Se roulait en boule au milieu de leurs Meccanos... Boudait quand c'était l'heure des devoirs..." Et elle sauvait des gens. Pas seulement à l'hôpital où elle était infirmière. Des amochés qu'elle ramassait et reconstruisait comme Nounou. Charles, gamin, était heureux de s'échapper de sa "sainte famille" pour venir respirer la liberté chez elle, au milieu d'un foutoir sans nom.
Comment aujourd'hui a-t-il pu oublier cette liberté de vivre? Il part donc sur les traces de son passé espérant y trouver un moyen de se réconcilier avec la vie, avec la sienne surtout.
Je l'avoue : passer le cap des 300 premières pages n'est pas une sinécure. Beaucoup d'entre vous vont être déçus. J'ai failli refermer définitivement le livre plus d'une fois. Le début est long (très long), touffu et embrouillé. Sans parler des phrases sans pronom plus qu'agaçantes : un caprice d'écrivain best-seller? Dommage parce que c'était la simplicité des mots et des phrases qui avait mon bonheur dans "Ensemble, c'est tout".
A la page 350, Charles croise le chemin de l'anglaise Kate, une autre Anouk, vivante celle-là. Enfin le roman prend de l'ampleur. C'est une amochée qui vit avec cinq enfants, dix chats, six chiens, trois chevaux, un lama, des poules, des canards.... Anti-héroïne attachante et incongrue : un personnage gavaldien, enfin ! Mais pas de mélo : "le bonheur ennuie le lecteur. un tue l'amour".
L'auteur, comme au début du récit interpelle le lecteur, le fait participer. On retrouve l'humour et la drôlerie de Anna Gavalda au milieu d'un récit bien noir. Mais ça arrive trop tard. Kate et ses enfants aussi. Dommage.
D'autres critiques intéressantes :
Même avis mitigé: Philippe (au jour le jour et qui, dit-il, patauge dans la choucroute en ce moment) et Cuné
Une lectrice emballée (il y en a) : Cathulu
La Consolante d'Anna Gavalda, Edition Le Dilettante, 640 pages, 25 €


2 commentaires:
Oui, nous sommes d'accord sur la déception ressentie; bon, pas grave, on achètera quand même le prochain :-D
Hou la la en effet. J'ai ouvert le livre il y a une semaine et je peine de plus en plus à avancer dans la lecture. 250 pages assez péniblement avalées.
Un éclair au réveil ce matin en voyant le livre au pied du lit: tu avais écrit un billet sur ce roman.
Je viens d'entamer les mémoires de Madame de Campan (passionnant). Je vais faire une pause pour retrouver Gavalda et persévérer, si ça vaut le coup de tenir jusque la page 350...
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