Jan Karski, Yannick Haenel


Quatrième de couverture : Varsovie 1942. la Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés.
Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique.
Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann.
Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe?
Ce livre, avec les moyens du documentaire, puis de la fiction, raconte la vie de cet aventurier qui fut aussi un Juste.

Très fort témoignage que ce "Jan Karski". Sidérant. Révoltant. Dérangeant. Pourquoi les Alliés n'ont ils pas voulu entendre ce messager qui aurait pu faire sauver la vie de milliers de Juifs polonais? La politique du moment ne s'y prêtait pas...et oui...le choc. Le choc de Roosevelt qui ne le croit pas (ou qui fait celui qui le croit pas).
Ensuite, à la fin de la guerre, Jan Karski doit vivre avec cet échec qu'il n'a jamais digéré. Il peine, ne dors pas, ne vit pas. Il souffre la mort de ces milliers de Juifs qu'il n'a pu sauver. Voilà tout ce que ce livre dévoile. Lecture intéressante et choquante mais jamais larmoyante. A lire absolument pour l'Histoire.



D'autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère


Quatrième de couverture : A quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin de deux évènements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire?
C'était une commande. Je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère).
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai.

"D'autres vies que la mienne" fait partie de ces livres qui vous chamboulent à la lecture. En refermant le livre, je me suis fait la remarque qu'il y avait longtemps qu'un livre m'avait procuré autant d'émotions. Sans jamais tomber dans le mélo ni le dramatique facile, Emmanuel Carrère déroule des tranches de vies douloureuses. Tout est écrit dans la subtilité. Subtilité entre la vie et la mort, entre la joie et la tristesse de vivre. C'est fin, juste mais aussi difficile. Un grand document.

L'homme du lac, Arnaldur INDRIDASON


Quatrième de couverture : Il dormait au fond du lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l'eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d'inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l'homme du lac? L'enquête révèlera au commissaire Erlendur le destin tragique d'étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

Mon avis : Récit d'une forte puissance dramatique, "L'homme du lac" plonge encore une fois le lecteur avec délectation dans une histoire de disparition ici vieille de plus de 40 ans. Le ton est juste. L'histoire à deux voix vite palpitante. L'intrigue très riche. Bref, une lecture très agréable dans la directe lignée de "La femme en vert".

Au zenith, Duong Thu Huong


Quatrième de couverture :

Zénith est le chef-d'oeuvre de Duong Thu Huong : voici un roman qu'elle portait en elle depuis plus de dix ans, où convergent son combat politique et son talent littéraire.
En 1953, le président - c'est ainsi que l'auteur le nomme, mais on comprend très vite qu'il s'agit de Ho Chi Minh - tombe éperdument amoureux, à plus de soixante ans, d'une très jeune femme. Avec elle, il fonde une famille, qu'il installe à Hanoi dès la reconquête de la capitale. Mais il n'est pas un homme ordinaire, il est le père de la nation, et quand lui vient le souhait d'officialiser son union, les ministres, dont il a favorisé l'ascension, lui font valoir que cette affaire privée le ferait descendre de son piédestal politique. Le président cède, croyant choisir une légitime raison d'État. De ce jour, sa vie bascule. Sa jeune compagne est assassinée, ses enfants recueillis par des proches, et le pouvoir effectif lui échappe : cachés derrière sa figure tutélaire, ses anciens compagnons construisent un régime dont les fondements sont bien éloignés des combats de leur jeunesse commune.
Pour donner toute sa mesure à ce drame intime et politique, l'écrivain déploie une construction romanesque époustouflante, juxtaposant quatre points de vue narratifs.
Celui du président qui, à la fin de sa vie, pendant la guerre contre les Américains, avec pour seuls compagnons les soldats qui le surveillent et les bonzesses de la pagode voisine, tente d'éclairer les méandres de son propre parcours.
Celui de son meilleur ami, Vu, qui élève son fils, et dont la propre femme, une ancienne révolutionnaire pure et dure comme lui, symbolise désormais la corruption au pouvoir.
Parenthèse bucolique et contrepoint à l'intrigue principale : Duong Thu Huong raconte comment un vieil homme respecté dans son Village des bûcherons est parvenu, non sans difficultés, à imposer son union avec une femme de quarante ans plus jeune que lui.
Dernier point de vue : celui du beau-frère de la jeune épouse sacrifiée. Fou de douleur, ce Compatriote inconnu ne survit que pour se venger.
Au long de cette fresque impressionnante, l'écrivain - héraut des idéaux bafoués que le président a portés jusqu'au bout - élucide, sans jamais porter de jugement, un destin d'autant plus tragique qu'il s'est joué d'un être bien réel et maître du pouvoir.

Mon avis : Très très bien mais...
Bien parce qu'Au Zénith est une superbe fresque romanesque à l'admirable construction. Comme avec Terre des Oublis, l'auteur emmène le lecteur au cœur du Vietnam avec une sensibilité unique. Les personnages sont tous très forts et dotés d'une profondeur psychologique indéniable. Le texte très sensible et pudique.
Mais, car il y a un "mais", j'ai trouvé beaucoup beaucoup de longueurs. Surtout lors des épisodes concernant le Président. J'y ai perdu un peu le fil du livre par moment. C'est le seul reproche que je pouvais faire à ce roman qui reste un très grand livre.

L'avis de Cuné qui en fait une merveille.

Au Zénith aux Éditions Sabine Wespieser, 790 pages, 29 €

Prix Elle : les résultats...

And the winner is...

Dans la catégorie Roman : Claudie Gallay pour Les Déferlantes


Dans la catégorie Polar : Caryl Ferey pour Zulu

Dans la catégorie Récit : Jean-Paul Mari pour Sans Blessures Apparentes


Deux de mes préférés ont donc été primés (Les Déferlantes et Zulu). Je suis un peu plus dubitative sur Sans Blessures Apparentes sur lequel je n'avais pas accroché.
La page Elle se tourne définitivement. A regret...


Quatrième de couverture : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu'elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l'occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Comment oser écrire ce qu'il va suivre sachant le succès que remporte ce livre sur la toile? Comment expliquer que seul le titre du livre finalement m'a plu? Comment dire que je n'ai pas du tout accroché à cette histoire épistolaire? Comment expliquer que les personnages m'ont semblé très caricaturés et qu'ils ne m'ont pas attendrie sans passer pour une insensible ou pire être incomprise par l'ensemble des bloggeurs? J'ai trouvé l'histoire sans surprise, plutôt transparente et insipide. Par contre, les passages sur la guerre étaient instructifs, je le reconnais. Mais sinon, rien de très profond. Peut-être que j'en attendais trop vu l'engouement qui entoure ce titre...
En littérature, l'unanimité n'existe pas. La preuve en est.
Maintenant cela me ferait plaisir de trouver des personnes qui sont du même avis que moi histoire de me sentir moins seule !!!

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates aux Éditions du Nil, 390 pages, 19€

Millenium, le film


Je n'ai pas vraiment l'habitude de parler des films que je vois au cinéma. Je me devais de parler de celui-ci non pas parce qu'il est très bien mais parce qu'il est adapté d'une trilogie que j'avais vraiment beaucoup aimé. Mon billet est ici.
Ce n'est pas le film du siècle mais, quand même, l'ambiance du livre est parfaitement reproduite à l'écran (chose pas toujours évidente après un tel succès de librairie). Les personnages dégagent la même puissance que dans le livre. L'ambiance y est aussi glaciale et le suspens autant prenant. Une belle réussite d'adaptation. Donc il faut y aller...

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